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Guinée: pillages de 2013 : les commerçants vont s’exprimer dans la rue

Publié le 13/07/2017 à 11h26 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Economie
Membres du GOHA

#Guinée : A bout de leur patience pour les indemnités relatives aux dégâts qu’ils ont subis dans les violences politiques de 2013, les commerçants guinéens veulent passer à la vitesse supérieure. Ils menacent de descendre dans la rue en août.

Les commerçants espéraient être indemnisés en juin dernier. Mais cette date n’a pas été respectée par l’Etat. «Nous avons été trop patients, il nous faut maintenant montrer aux politiques qu’on ne peut pas continuer à attendre», a indiqué le président du GOHA (Groupe organisé des hommes d’affaires), Chérif Abdallah.

Le patron du GOHA apporte ainsi son soutien au Collectif des commerçants victimes de pillages, qui menace d’organiser des manifestations de rue dès le 03 août, si les commerçants ne sont pas indemnisés d’ici le 20 juillet. «Et si nous sortons, nous allons rester dans la rue jusqu’à la satisfaction de nos revendications», a menacé Emile Togba, le porte-parole des commerçants victimes.


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Les modalités de paiement de ces indemnités prévues par les accords politiques précédents ont été récemment définies par le Comité de suivi des accords politiques. Auparavant, le Comité présidé par le ministre de l’Administration du territoire, général Bouréma Condé, s’était d’abord attelé au recensement des victimes. A l’issue de ce recensement, le gouvernement a décidé d’indemniser 442 commerçants à hauteurs de 46 milliards de francs guinéens.

Les membres du GOHA se sont résignés à partager cette somme avec les autres commerçants non membres de leur organisation qui réclame cette indemnisation depuis 2013. Au départ, ils réclamaient à eux seuls, 141,61 milliards de FG pour 546 agents économiques. Sauf que le peu qu’ils ont accepté de partager tarde à tomber.



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En juin dernier, le député de la Mouvance présidentielle Amadou Damaro Camara, lui aussi membre du Comité de suivi des accords, a mis le feu aux poudres en déclarant que le gouvernement n’a jamais reçu une liste de victimes des pillages de 2013. «Comment il peut jusqu’ici nier qu’il ne connaît pas les victimes des pillages de 2013? C’est certainement lui qui fait retarder le dossier», l’accuse Emile Togba.


En décidant de faire usage des actions de la rue, les commerçants s’inspirent des opposants qui ont toujours utilisé ce moyen pour faire plier le pouvoir. «Nous avons compris que l’Etat guinéen ne comprend que le langage de la rue», s’insurge Emile Togba.
Le 13/07/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou