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Union africaine: la Guinée donne l'exemple en adoptant le prélèvement de 0,2% sur ses importations

Mise à jour le 20/05/2017 à 13h41 Publié le 20/05/2017 à 13h13 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
Union Africaine

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#Guinée : Pour accélérer le prélèvement de 0,2% sur les importations des marchandises au profit de l’Union Africaine (UA), le pays d'Alpha Condé, président en exercice de l'institution panafricaine, donne l'exemple. L'Assemblée nationale guinéenne a adopté une loi affectant 0,2% des importations à l'UA.

L'Union africaine compte assurer son indépendance financière. Pour celà, dans le cadre des réformes de l'institution, il a été décidé un prélèvement de 0,2% sur la valeur des importations des pays membres au profit de l'institution panafricaine. 

La Guinée vient de matérialiser cet engagement en faisant voter une loi autorisant ce prélèvement. En fait, le parlement guinéen vient de voter une une loi comptant 5 articles.

Le premier spécifie l’institution du prélèvement en faveur de l'organisation panafricaine, alors que les quatre autres portent sur la base taxable, le taux et la liquidation, les exonérations et l'affectation du produit du prélèvement.


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Techniquement, le député Alfa Mohamed Diallo, rapporteur général de l’Assemblée nationale, a souligné que le prélèvement de 0,2% sur les importations des marchandises est assis sur la valeur CAF (Coût assurance fret) des marchandises importées des pays hors UA, et ne s’ajoute pas à la base taxable pour le calcul de la TVA. Ce prélèvement «est liquidé et recouvré par la Direction générale des douanes», a précisé le député.

Les produits exonérés de ce prélèvement sont : les produits originaires de l’UA, ou d’origine de pays tiers, nationalisés par leur mise à la consommation dans un Etat membre de l’UA et réexportés vers la Guinée, les aides, dons et subventions non remboursables destinés à la Guinée et à une personne de droit guinéen, les œuvres de bienfaisance reconnues d’utilité publique et, enfin, les marchandises importées par des entreprises bénéficiaires d’un régime antérieur quelconque stabilisé.


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En faisant adopter cette loi par le parlement de son pays, Alpha Condé, président en exercice de l'UA, veut montrer la voie à suivre. En janvier dernier, le président guinéen, fraichement élu à la tête de l'institution panafricaine, avait insisté sur l'application de cette taxe adoptée en juillet 2016 lors de l'avant-dernier sommet de l'UA à Kigali (Rwanda). La taxe sur les importations des pays africains est perçue comme le salut pour sortir l'institution de sa dépendance financière par rapport aux institutions étrangères.

A titre d'illustration, le budget prévisionnel de l'Union africaine pour l'exercice 2016-2017 est établi à 707 millions d'euros, dont 73% sont pourvus par les dons de l'Union européenne, la Chine, la Banque Mondiale et les Etats-Unis. Ce budget ne prend pas en compte les opérations de maintien de la paix. Le reliquat, soit 27%, devant provenir des cotisations des Etats membres de l'UA dont certains pays accusent souvent des retards de paiement.

Le 20/05/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou