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Guinée: marche de l'opposition malgré les assurances du pouvoir

Publié le 20/09/2017 à 13h36 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
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#Guinée : Après une trêve due au départ des pèlerins à la Mecque, l'opposition reprend ses manifestations ce mercredi 20 septembre à Conakry. Le gouvernement a tenté de l'en dissuader en indiquant que le budget des élections locales, instamment réclamées, était enfin disponible. En vain.

Lundi, un communiqué du gouvernement a indiqué que le budget pour les élections communales était disponible, mais que les paiements seraient faits au vu des pièces justificatives des dépenses déjà réalisées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). "Le souci du gouvernement est la bonne utilisation des ressources financières mises à la disposition de la CENI", a affirmé le gouvernement dans son communiqué. Ajoutant qu'il appartient désormais à la CENI, en accord avec tous les acteurs concernés, de proposer rapidement un chronogramme définitif et une date pour l’organisation des élections locales.

Alpha Condé a quant à lui appelé les acteurs politiques à privilégier le dialogue "pour résoudre tous les problèmes et à s’abstenir de tout acte ou comportement qui pourrait affecter la paix dans le pays et le climat de confiance entre les acteurs du processus électoral et démocratique dans le pays".

Alpha Condé semble avoir prêché dans le désert. En dépit du communiqué de son gouvernement, l'opposition a maintenu sa marche de ce mercredi. "Nous continuerons à manifester jusqu’à la fixation de la date des élections. Quand nous aurons une date, il n’y aura aucune raison de manifester. A ce moment-là, on se préparera aux élections", a lancé mardi, Cellou Dalein Diallo, sur les ondes d'une radio privée de Conakry. "Depuis 2011, Alpha Condé refuse d'organiser ces élections, et personne ne dit rien. Actuellement, je ne suis pas content de lui", a aussi dit le chef de file de l'opposition.


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La marche de ce mercredi devrait être suivie d'une journée "ville morte" prévue jeudi 21 septembre.

Pour amener le pouvoir à organiser ces élections locales, l'opposition avait déjà mobilisé, le 2 août dernier, des milliers de militants dans les rues de Conakry. Mais, à cause pèlerinage musulman à la Mecque, Cellou Dalein et ses compagnons avaient décidé de suspendre les manifestations jusqu'au retour des pèlerins en Guinée.

En plus du gouvernement, les parents d'élèves avaient demandé à l'opposition de renoncer à la manifestation prévue en début de l'année scolaire -les écoles ont rouvert en Guinée le 15 septembre 2017. En effet, les parents d'élèves craignaient que cette manifestation politique perturbe les cours comme c'est souvent le cas en Guinée.

Hier mardi, le chef de la délégation de l'Union européenne en Guinée, Gerardus Gielen a rencontré le chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo et a émis le souhait de voir la marche de ce mercredi se dérouler pacifiquement comme celle du 2 août dernier.


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Depuis 2011, l'opposition réclame la tenue des élections locales pour remplacer les maires dont les mandats avaient -pour beaucoup- expirés depuis 2010. Mais Alpha Condé avait destitué bon nombre de ces maires pour les remplacer par des délégués spéciaux.

Ceux-ci ont longtemps servi d'alibi à l'opposition pour manifester à Conakry. Fin 2015, les 128 délégations spéciales du pays ont été recomposées conformément aux résultats des élections législatives. Ainsi, des représentants de l'opposition ont été désignés à la tête de certaines communes du pays.

Les dernières élections locales en Guinée se sont déroulées en 2005. Le scrutin, qui aurait dû se tenir en 2013, a été constamment reporté depuis, en 2014, en 2015, en 2016, et pourrait finalement être organisé en 2018. En tout cas, la CENI a déjà indiqué qu'elle ne pouvait pas organiser ces élections en 2017, et, suite au communiqué du gouvernement, elle travaille au chronogramme qu'elle compte proposer.
Le 20/09/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou