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Guinée: la dernière marche de l'opposition a fait un mort

Publié le 22/09/2017 à 14h16 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
marche de l'opposition
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#Guinée : Un jeune homme de 18 ans, blessé par balles en marge de la marche de l'opposition à Conakry, mercredi, a finalement succombé de ses blessures ce jeudi. Cellou Dalein Diallo, le chef de file de l'opposition, s'est dit révolté contre Alpha Condé.

La marche du mercredi s'était pourtant déroulée sans incident majeur du carrefour de Cosa jusqu'à l'esplanade du Stade du 28 septembre, une distance de plus d'une dizaine de kilomètres. Mais au retour des manifestants à leurs domiciles, il y a eu de violents accrochages entre jeunes manifestants et agents de la force de maintien d'ordre. Et deux jeunes manifestants dont Ismael Bah -18 ans- ont été touchés par des balles.

Les deux jeunes ont été admis au Centre hospitalier et universitaire de Donka où Ismael Bah a succombé de ses blessures ce jeudi.

"Je suis triste de voir ce jeune de 18 ans, qui est élève, arraché à l’affection de sa famille", a réagi Cellou Dalein Diallo qui a rappelé qu'avant Ismael, 80 autres militants ont été tués depuis le début des manifestations contre le régime Condé en 2011. "Toutes ces victimes n’ont pas eu droit à des enquêtes menées à l’effet d’identifier les responsables. Pourquoi Alpha Condé, censé être le président de tous les Guinéens, ne prend pas des dispositions lorsqu’il y a des morts par balles pour que des enquêtes soient menées", s'est interrogé Cellou Dalein Diallo. "Cette impunité qu’il (Alpha Condé ) accorde aux auteurs de ces crimes entraine la récidive.

On est révolté de voir que le premier responsable de ce pays n’a aucun souci de la vie des citoyens guinéens", a exprimé le chef de file de l'opposition.


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Par ailleurs, au moins six manifestants imprudents se sont fait blesser dans des accidents de motos.

Mercredi, l'opposition a de nouveau manifesté à Conakry pour réclamer l'application intégrale des conclusions de l'accord politique inter-guinéen signé en octobre 2016 en présence de la communauté internationale et de la société civile guinéenne. Durant la manifestation, le chef de file de l'opposition n'a pas exclu de manifester pour réclamer le départ d'Alpha Condé du pouvoir.

La marche de mercredi, pas largement suivie comme celle du 2 août dernier, a été suivie par une journée ville morte ce jeudi 21 octobre. Mercredi prochain, Cellou et les autres vont poursuivre les manifestations dans la capitale guinéenne.

La dernière manifestation de l'opposition, organisée le 2 août 2017, s'était déroulée sans incident majeur. Politiques, police et observateurs s'étaient félicités de cette marche, l'une des rares vraiment pacifiques.

Lundi 18, le gouvernement guinéen a voulu dissuader l'opposition en assurant que le budget pour l'organisation des élections locales est disponible et qu'il revient désormais à la CENI de proposer rapidement un chronogramme définitif et une date pour l'organisation de ces élections. Depuis 2011, l'opposition réclame la tenue d’élections locales.

Le 22/09/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou