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Guinée : l’opposition enterre ses morts et menace de manifester contre "l’impunité et les violences de l’Etat"

Mise à jour le 28/09/2017 à 12h01 Publié le 28/09/2017 à 11h57 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
prière funèbre

#Guinée : L’opposition guinéenne a inhumé mercredi deux de ses militants tués lors de la marche de la semaine dernière. Très remontés par ces décès, Cellou Dalein Diallo et ses partisans veulent manifester mercredi prochain pour protester contre "l’impunité et les violences de l’Etat".

Ismaël Bah et d’Ibrahima Sory Sow, tués par balles en marge de la marche du 20 septembre dernier, ont gagné leur dernière demeure mercredi 27 septembre, dans l’après-midi. Le cortège funèbre, avec à sa tête le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo, est parti de la morgue de l’hôpital Donka pour le cimetière de Bambéto -une distance d’environ 8 kilomètres. Dans ce cimetière, l’opposition a déjà enterré plusieurs dizaines de militants tués à l’occasion de ses manifestations contre le pouvoir d’Alpha Condé.

Lors de la prière funèbre à la mosquée de Bambéto, peu de temps avant l’inhumation, l’imam a exhorté les militants de l’opposition à laisser la vengeance à Allah. "Un tort subi n’est jamais payé par un autre", a prêché l’imam.

Au cimetière, avant que les deux corps ne soient mis en terre, le porte-parole de l’opposition a exprimé la colère des opposants contre le régime d'Alpha Condé. "Nous avons un régime qui s’illustre tous les jours par la violence, la barbarie, et le déni des droits de l’Homme", a déclaré Aboubacar Sylla.


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Au nom de l’opposition, Sylla a appelé les militants à ne pas se laisser décourager par ces morts. "Au contraire, ceux qui sont morts aujourd’hui nous interpellent tous. Nous devons être plus engagés", a-t-il lancé à l’endroit de la foule de militants et de proches des deux défunts. "Nous devons galvaniser nos ardeurs pour que leurs sacrifices ne soient pas inutiles. Il faut que leurs sacrifices servent à instaurer dans ce pays un régime respectueux des droits de l’Homme et des principes démocratiques", a-t-il poursuivi.

Et comme pour démontrer son engagement à poursuivre son combat, l’opposition a annoncé une marche de protestation contre "l’impunité et les violences de l’Etat". Celle-ci est prévue mercredi 4 octobre prochain.

Après l’inhumation, des heurts ont encore éclaté entre des jeunes en furie et des agents de la force du maintien d’ordre.


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Mercredi dernier, l’opposition a marché pour réclamer la tenue des élections locales et l’application intégrale des conclusions de l’accord politique interguinéen signé en octobre 2016 par les deux grands blocs politiques du pays en présence de la communauté internationale et de la société civile. Ce mercredi 27 septembre, une autre marche était prévue dans ce sens. Mais, suite à l'annonce de la date des élections locales par la CENI, les opposants ont opté pour une marche funèbre en l’honneur des deux militants tués.

 
Il faut rappeler que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a fixé, lundi 25 septembre, la date du scrutin des élections communales et communautaires au 4 février 2018. Une proposition de date qui pourrait faire baisser la tension politique dans le pays.
Le 28/09/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou