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Guinée: le chef de file de l'opposition traîne un ministre en justice

Mise à jour le 13/10/2017 à 12h16 Publié le 13/10/2017 à 11h23 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
bantama sow cellou diallo

Le chef de file de l'opposition Cellou Dalein Diallo et le ministre des Sports Bantama Sow.

#Guinée : Bantama Sow, le ministre d'Alpha Condé en charge des Sports, de la culture et du patrimoine historique, est à nouveau cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Conakry pour avoir qualifié le principal parti de l'opposition "de terroriste".

Alors que la date de sa première comparution avait été reportée sine die, Bantama Sow, devenu entre-temps ministre des Sports, de la culture et du patrimoine historique, est à nouveau cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Mafanco le 6 novembre. Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition, et ses avocats ont en effet maintenu leur plainte contre le ministre pour les propos injurieux proférés à l'encontre de l'UFDG qu'il avait qualifié de «parti terroriste», lors d'une assemblée générale du parti au pouvoir courant juillet 2017. 
 
Bantama Sow, revenu aux affaires comme ministre des Sports en août dernier, est aussi un membre influent du parti au pouvoir. Il n'a jamais manqué d'attaquer ou de répondre au principal parti de l'opposition dirigé par Cellou Dalein Diallo. Il a semble-t-il été trop loin cette fois.
 


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Les concernés s'opposent sur la teneur exacte des propos du ministre. Certains médias locaux rapportent que Bantama Sow aurait dit:  "L'UFDG est un parti terroriste". Mais dans sa plainte contre le ministre, Cellou Dalein explique au contraire que Sow s'est adressé au parti, à son président, aux militants et sympathisants de l'UFDG en ces termes: "L'UFDG est un parti de terroristes". Devant le tribunal correctionnel, Bantama Sow aurait ajouté: "L'opposition est devenue bancale. Cellou a toujours voulu prouver qu'il est le plus fort, le plus beau"...

Et de poursuivre: "Manifester est un droit constitutionnel, mais casser n'est pas un droit. S'ils cassent, ils doivent répondre devant la loi. Si on prend des militants à Hambdallaye, Bambéto pour aller provoquer à Kaloum, Cellou sera le seul responsable devant l'opinion nationale et internationale (...). Très souvent, quand l'opposition veut manifester, on dit que la mouvance a peur. Non. On n'a pas peur. C'est parce que l'UFDG est un parti de terroristes. Ils terrorisent les gens. Quand tu n'es pas avec eux, ils te menacent".

Pour l'UFDG et son président, ces "graves et violents" propos de Sow accusent publiquement l'UFDG d'être un parti de terroristes.  Une "grave accusation" également dirigée contre le président du parti, les militants et les sympathisants de l'UFDG, estiment ses avocats. "Or, l'UFDG est un parti politique légalement constitué en République de Guinée... Comme tout parti politique, l'UFDG se bat par les voies démocratiques pour la conquête du pouvoir qui appartient au peuple. Ni son président ni ses militants et sympathisants ne peuvent donc être impunément qualifiés de terroristes", répliquent les avocats du parti de l'opposition.

Les avocats définissent même le terrorisme en indiquant qu'il "est un ensemble d'actes de violence commis par des groupements révolutionnaires." Le collectif d'avocats indique aussi que "les terroristes sont des hommes ou des organismes qui sont sans foi ni loi et qui sèment la terreur et la désolation à travers le monde... Le terrorisme est combattu sous toutes ses formes, tant sur le plan national qu'international."

Avant sa nomination, Bantama Sow avait  manifesté son souhait de comparaître pour se défendre des propos incriminés.
Le 13/10/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou