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Guinée: le montant des cautions pour les élections locales font débat

Mise à jour le 04/12/2017 à 10h49 Publié le 03/12/2017 à 15h08 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Politique
Election guinéenne
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#Guinée : Malgré la baisse annoncée, les cautions à verser par les candidats aux élections municipales sont jugées trop élevées par la majorité des acteurs politiques. Florilège de réactions.

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) croyait faire l’unanimité en ramenant les cautions pour les listes de candidatures à huit millions (près de 750 euros) pour les communes urbaines et à trois millions dans les communes rurales. Elle s’est trompée. Le rabais, qui fait passer ces cautions de 10 à 8 millions, est jugé trop minime par les potentiels candidats, notamment au sein des partis de l’opposition.

Un responsable de l’UFDG, le principal parti de l’opposition, a tout de suite indiqué que la décision de la CENI était contraire à ce qu’«elle avait conclu avec les partis politiques».

Selon le vice-président chargé des questions économiques de l’UFDG, l’organe en charge de l’organisation des élections en Guinée et les partis politiques s’étaient entendus sur 2 à 2,5 millions pour les communes rurales et 3 à 4 millions pour les communes urbaines. Il a ajouté que la loi imposait au président de la CENI de fixer le montant des cautions en tenant compte de la proposition de la commission (composée des acteurs politiques). «Je suis préoccupé par ce premier acte du président de la CENI», a-t-il exprimé dans un article du site Guineematin.com.


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Le PEDN de l’opposant Lansana Kouyaté a également jugé illégale la fixation de ces cautions. «Le code électoral demande la participation des partis politiques à la commission financière de la CENI et aux discussions relatives à la fixation des cautions. Cela n’étant pas fait, ces montants ne peuvent donc pas être acceptés par les acteurs que nous sommes», a critiqué François Bourouno, le responsable de la communication du parti.

Même au sein des partis proches du pouvoir, on critique les montants fixés par la CENI. L’UPR, un autre allié du pouvoir, a estimé que les montants étaient exorbitants. Même appréciation de la part de l’UFR du Haut représentant du chef de l’État, Sidya Touré.

Le parti au pouvoir reste donc pour l’instant le seul parti politique à être d’accord avec ces montants. Son argument: les partis ne sont pas obligés de présenter des candidats dans toutes les communes du pays.


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Certains l’acceptent aussi au sein des potentiels candidats indépendants. C’est le cas du reggae man et probable candidat, Elie Kamano, qui trouve ces cautions raisonnables.

La CENI a également fixé à 6 milliards de francs guinéens (environ 600 000 euros) le plafonnement des dépenses à engager par liste de candidature. Là-dessus, les acteurs politiques se demandent également sur quoi l’organe électoral s’est basé pour fixer ce montant.

La CENI a quant à elle déjà indiqué dans un communiqué: «Le défaut de paiement de la présente caution est éliminatoire pour la liste de candidature défaillante».

Le 03/12/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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