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Guinée: le prisonnier Toumba exige deux climatiseurs et plus encore

Mise à jour le 14/04/2017 à 15h37 Publié le 14/04/2017 à 14h13 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Toumba Diakité
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#Guinée : Face à la presse ce jeudi 13 avril, les avocats de Toumba Diakité ont dénoncé les mauvaises conditions de détention de leur client. Ils donnent 15 jours à l'Etat pour les améliorer, sans quoi, ils se retireront du procès et leur client observera le silence devant les juges.


On aurait pu penser qu'il s'agissait d'une mauvaise blague, mais aussi saugrenues paraissent-elles, ce sont bien là les exigences de Toumba Diakité. 

Me Paul Yomba Kourouma a indiqué que la cellule de son client, attenante à une cuisine publique, ne comporte qu'un canapé. Si les services sanitaires l'ont pulvérisée pour la débarrasser des punaises qui privaient l'inculpé de sommeil, il reste encore beaucoup à faire.

Pour son client, le collectif d'avocats de la défense demande une chambre faisant office de salon, un lit, deux climatiseurs, un bureau, des fauteuils, un poste de télévision et une radio. Ils veulent également qu'il soit permis à leur client de faire des exercices physiques. "Militaire pratiquant les arts martiaux, s'il ne fait pas de l'exercice, cela peut jouer sur sa santé physique ", estime Me Yomba.


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En mars dernier, l'Etat avait promis d'améliorer les conditions de détention de Toumba, précisant qu'il aurait un bon lit et des toilettes décentes. Trois semaines plus tard, ses avocats signalent que les seules améliorations apportées se limitent au fait d'avoir débarrassé la cellule des punaises qui y pullulaient et de permettre à l'accusé de recevoir la visite de son père et de ses soeurs.

"Toumba et son père se sont vus dans le bureau du régisseur de la Maison d'arrêt de Conakry. Ils n'ont pas voulu que la visite se fasse dans la cellule de notre client. Cela en dit long sur les conditions dans lesquelles il est détenu",  souligne Me Aboubacar Sylla. Ce dernier souligne que le sommeil de son client est souvent entrecoupé, interrompu par les bruits de la cuisine située juste à côté et par l'odeur nauséabonde qui s'en dégage. 
 

Ultimatum


Le collectif des avocats de Toumba a donc donné à l'Etat un délai de 15 jours à compter du vendredi 14 avril pour "humaniser" le local. Passée cette date, le collectif  menace de suspendre son assistance à l'inculpé. Selon les avocats, Toumba Diakité  a décidé de se joindre à cette éventuelle protestation. Il observera le silence devant le pool de juges en charge de l'instruction du dossier, et s'opposera à toute commission d'officed'un avocat pour le défendre.  

Les actuels avocats menacent aussi d'adresser des motions de protestations aux ambassades accréditées en Guinée, aux organisations de défense des droits de l'Homme, à la procureure de la Cour pénale internationale (CPI)... En attendant, ils demandent que dès la semaine prochaine Toumba soit transféré dans une chancellerie étrangère ou dans une résidence surveillée.

En dépit de tout ce qu'ils dénoncent concernant les conditions de détention, les avocats de Toumba souhaitent que leur client soit jugé en Guinée. "Notre souhait c'est que ce dossier soit jugé en Guinée. Il y a de très bons magistrats dans ce pays qui peuvent valablement juger ce dossier. Le seul problème, c'est l'interférence de l'Exécutif dans les affaires judiciaires ", a déclaré Me Aboubacar Sylla.
Le 14/04/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou