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Guinée: premiers résultats encourageants du désarmement des populations du sud

Publié le 11/08/2017 à 16h32 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
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#Guinée : En Guinée, les premiers résultats du projet conjoint CEDEAO-UE de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères sont encourageants. Les autorités plaident donc pour un élargissement du projet sur tout le pays.

Mercredi, le coordinateur national du projet, Saidou Sow, a indiqué que quelque 2.046 armes et munitions ont été collectées dans la région de la Guinée forestière où le projet est en expérimentation depuis fin 2015.

Frontalier avec le Libéria, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire -trois pays qui ont connu des guerres civiles durant des décennies-, cette région du sud de la Guinée est très touchée par le phénomène de circulation illégale d'armes légères. Armes à feu individuelles de toutes catégories, armes collectives, munitions, grenades... sont ainsi détenues par des nombreuses populations dans cette région.

Selon les résultats des opérations de collectes, qui ont démarré en janvier 2017, 210 armes à feu individuelles ont été volontairement rendues par leur détenteur en échange de financement de microprojets à base communautaire. Une arme collective, 1.803 munitions, 13 grenades, 18 chargeurs et un obus ont été également collectés, enregistrés et stockés. "Par exemple, pour leurs armes rendues, trois groupements de jeunes et de femmes ont été dotés chacune de 300 chaises, trois kits musicaux et trois tentes à Macenta, N'Zérékoré et Yomou", explique Saikou Sow. Les bénéfciaires pourront louer le matériel lors des fêtes et manifestations, et générer ainsi des revenus. 


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En raison des récurrentes violences intercommunautaires dans la région, certains hésitent encore à rendre leurs armes. Ils ont encore en mémoire les derniers affrontements inter-ethniques qui ont fait près de 100 morts à N'Zérékoré, en 2013. Face à cette réticence, on préconise la poursuite de la sensibilisation. 

En 2016, quelque 7.324 personnes ont été sensibilisées à travers des causeries éducatives et des porte-à-porte des points focaux du projet dans les sept préfectures de la région. Aussi, 402 personnes ont été directement touchées à travers des sessions de dialogue communautaire organisées par l'équipe du projet. Autres résultats: 193 personnes ont été formées sur les thèmes de consolidation de la paix, collecte et transport des armes et violences basées sur le genre: des visites de courtoisie, d'information et de plaidoyer ont été organisées auprès des autorités locales...

Le projet devrait être bouclé fin 2017. Mais en raison de l'immensité de la tâche dans la région, il pourrait être prolongé jusqu'à mi-2018.

Les autorités militaires guinéennes plaident même auprès des partenaires techniques et financiers à l'étendre sur tout le pays. Le directeur de cabinet du ministère de la défense, le général de corps d'armée Aboubacar Sidiki Camara estime que la recrudescence des groupes armés terroristes, notamment au Mali voisin, et les conflits électoraux ont favorisé la prolifération des armes illégales dans les autres régions.

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Si la région forestière a été choisie comme cible du projet, c'est parce qu'au-delà des conflits dans les pays voisins, le pays a connu des incursions rebelles au début des années 2000. Les violences communautaires et les conflits électoraux y font armer les gens.

Il faut signaler que le projet CEDEAO-UE  sur la prolifération et la circulation illicite des armes touche surtout les trois autres pays de l'Union du fleuve Mano, à savoir le Libéria, la Sierra Leone et la Côte d'Ivoire.

La région du Sahel, en l'occurrence le Mali et le Niger, élargie au nord du Nigeria et du Burkina ont connu une recrudescence de groupes armés, dont les terroristes. Et les trois pays -le Mali, le Niger et le Nigeria- sont également inclus dans ce vaste projet de désarmement. «Partout où règne la prolifération des armes légères, il est très difficile de démarrer le développement durable», estime le directeur pays du PNUD en Guinée, Lionel Laurens.

En Guinée, comme dans d'autres pays, le projet est mis en oeuvre par une Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (COMNAT-ALPC) en collaboration avec le PNUD.
Le 11/08/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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