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Guinée: des gérants de motels et de bars condamnés pour proxénétisme

Mise à jour le 18/08/2017 à 14h51 Publié le 18/08/2017 à 14h34 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Guinée: proxénète
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#Guinée : Huit personnes, qui géraient soit des motels, soit des bars, ont été condamnées mercredi 16 août à un an de prison ferme par un tribunal de Conakry. Certaines d'entre elles avaient plaidé la non-culpabilité.

Les huit personnes avaient été interpellées au début du mois d'août courant, lors d'une vaste opération de la police contre le proxénétisme à Conakry. Elles ont toutes écopé d'un an de prison ferme. Certaines avaient pourtant nié les faits. Mais le procureur a estimé que tous les prévenus étaient coupables des faits qui leur sont reprochés.

"Ils sont tous fautifs. Leurs bars servent de lieux de prostitution. Dans ces endroits, on discute, on échange, on monnaye le corps des filles", a indiqué le procureur Alseny Bah, qui a requis contre chacun des huit prévenus, cinq ans d'emprisonnement et le paiement d'une amende de 20 millions de francs guinéens (environ 2.000 euros).

Le représentant du ministère public avait aussi sollicité la fermeture des lieux pendant une période de 5 ans.

En se montrant ferme contre les prévenus, le parquetier a voulu que la décision du tribunal dissuade tous ceux qui pratiquent le proxénétisme à Conakry. "Il faut que tous sachent que la Guinée a désormais un Code pénal qui ne favorise plus les maisons closes. Ces maisons ne sont pas dignes de notre société", a-t-il dit dans son réquisitoire. Il s'est limité à condamner chacun des huit prévenus à un an de prison.


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"C'est vrai, nous avons trois chambres de passe dans notre bar. Nos clients nous payent 1.500 francs guinéens et les 5.000 francs guinéens de cette somme reviennent à la fille", a avoué Alexis Bamou, un des gérants condamnés. Mais pour ce prévenu, ce qu'il croyait être interdit, c'est l'acceptation des mineurs dans son bar.

Moriba Kalivogui, gérant du motel Facebook, dans le quartier huppé de Kipé (en banlieue de Conakry), est l'un de ceux qui ont nié les faits. "En me délivrant le permis d'exploitation, ils m’ont demandé trois choses, à savoir: ne pas héberger les prostituées, ne pas recevoir les mineurs et tenir l’endroit propre. Et c’est ce que nous avons respecté", a-t-il dit.

Déçue par la décision du tribunal, la défense entend faire appel. "Les activités telles que décrites par mes clients n'ont jamais favorisé la prostitution. Ils ne méritaient donc pas d'être condamnés. Nous allons revoir ce dossier en seconde instance", a réagi Me Labilé Michel Sonomou.


 
Le 18/08/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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