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Guinée : la grève des enseignants fait un mort, des blessés et des dégâts

Mise à jour le 21/11/2017 à 18h51 Publié le 21/11/2017 à 18h30 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Conakry: cinq personnes tuées dans les manifestations du lundi 20 février 2017, malgré un accord/Grève des enseignants

A Conakry, ce lundi 20 février, beaucoup de quartiers de la ville ont été pris d'assaut par des manifestants, y compris des zones fidèles au parti au pouvoir, habituellement calmes.

© Copyright : DR/ le360Afrique (c)

#Guinée : Déclenchée par le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), une nouvelle grève des enseignants a perturbé les cours en Guinée et entraîné des manifestations d'élèves qui ont fait un mort. Des syndicalistes interpellés ont dû être libérés dans l'espoir d'une levée de la grève.

Minimisée par le gouvernement et critiquée par les centrales syndicales, la grève du  Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) a pourtant perturbé les cours et paralysé la banlieue de Conakry. Ce lundi 20 novembre, presque toute la banlieue de Conakry a été paralysée suite à des soulèvements d'élèves. Les affrontements entre policiers et élèves ont fait un mort dans une école du quartier Dabompa. A Sangoyah, toujours dans la banlieue sud de Conakry, une élève de 10 ans a été violée par un enseignant. Des cas qui ont été déplorées par le ministre en charge de l'éducation nationale et de l'alphabétisation, Ibrahima Kalil Konaté.

A l'image, tous les ministres du gouvernement ont condamné la grève menée par des  syndicalistes dissidents. Le ministre de la Justice, lui, dénonce une  grève " sauvage."   " On ne peut pas accepter que des gens qui ont été suspendus par leur structure syndicale appellent d'autres personnes à la grève ",  a fustigé Me Cheik Sako.

Deux responsables du SLEG avaient été effectivement suspendu suite au lancement du préavis de grève dans la semaine du 07 au 12 novembre.

Environ 19 syndicalistes seraient visés par une enquête policière pour avoir conduit une grève " illégale ". Mais en dépit de la colère du gouvernement, quatre de ces 19 syndicalistes, arrêtés samedi, ont été libérés par un procureur du tribunal de première instance de Kaloum. Ils ont été libérés grâce à la médiation du Conseil Economique et Social qui a appelé les centrales syndicales à la solidarité et à la levée du mot d'ordre de la grève déclenchée lundi 13 novembre. Mais, ils doivent se retourner au parquet du tribunal mercredi prochain.

Tout en appelant les syndicalistes dissidents à lever le mot d'ordre de la grève, le Conseil Economique et Social (CES) a annoncé une plainte contre la gendarmerie pour arrestation arbitraire des quatre syndicalistes dans la nuit de samedi, alors qu'ils cherchaient à s'enquérir de la suite de la médiation auprès de la présidente de l'institution.  


>>>LIRE AUSSI: Guinée: une grève des avocats paralyse le secteur judiciaire

Tout a commencé lundi 13 novembre avec le déclenchement de la grève du SLEG qui réclame notamment le paiement intégral du point d’indice, à compter de la fin de ce mois de novembre, et un salaire minimum des enseignants au moins à 8 millions de francs guinéens (environ 800 euros). Ce jour, des élèves de certains collèges et lycées de Conakry sont descendus dans les rues pour réclamer des enseignants dans les classes. Depuis, leur mouvement a fait tâche d'huile dans la banlieue de Conakry.

Le paiement du point d'indice est l'un des revendication de la grève des enseignants qui avaient, en février 2017, signé accord avec le gouvernement. "Aujourd’hui, on nous fait comprendre que le Budget ne peut pas supporter ceci ou cela. Ce n’est pas vrai", réfute Aboucar Soumah. Il rappelle : "Lorsque l’expert international était venu et après avoir recueilli tous les différents points de vue des différentes entités, c’est-à-dire le syndicat, le patronat, la société civile et le gouvernement, après son analyse, il nous a été présenté que la valeur monétaire du point d’indice 1030 était une charge de 51 milliards par mois pour l’ensemble des travailleurs. "

Jeudi, le ministre de l'Education nationale a finalement dit vouloir rencontrer le secrétaire général adjoint qui dirige la grève depuis lundi. Mais il n'aurait finalement pas rencontré les syndicalistes qui seraient en cachette.

L'application du point de revendication relatif à l'indice 1030 permettrait aux enseignants d'avoir un salaire plus valorisé. On parle de huit millions de francs guinéens (environ 800 euros).  "Si on ne se lève pas pour se battre, nous resterons à la merci de la société. Aujourd'hui, quand vous rencontrez un enseignant, vous avez le cœur brisé", incite le syndicaliste Aboucar Soumah en dépit de sa suspension par la centrale syndicale.
 

Le 21/11/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

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