Fermer

Guinée: une grève des avocats paralyse le secteur judiciaire

Mise à jour le 27/10/2017 à 18h01 Publié le 27/10/2017 à 17h29 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
tribunal guinée

Tribunal de Boke.

#Guinée : Les avocats guinéens ont décidé de laisser leur robe au placard pour deux semaines afin de protester contre les "exactions" policières. En conséquence, les audiences des cours et tribunaux du pays sont suspendues.

Les tracasseries causées par la police judiciaire, les avocats guinéens s'en plaignent souvent. Cette fois-ci, ils ont décidé de ne plus se limiter aux plaintes. Au cours d'une assemblée générale extraordinaire tenue mardi, ils ont répliqué en suspendant leur participation aux procès devant les cours et tribunaux. Mercredi matin, la décision a été mise à exécution. Ainsi, les salles d'audience des cours et tribunaux sont restées fermées. Et elles pourraient le rester pour les 14 prochains jours. 

Me Mohamed Traoré, bâtonnier de l'ordre des avocats de Guinée, dénonce des exactions de la part des officiers de police judiciaire à l'encontre des avocats. "Nous rencontrons d'énormes difficultés avec ces officiers. Quand nous allons dans les gendarmeries, nous avons des difficultés pour accéder à nos clients. Il y a même des avocats qui sont violentés", déplore l'avocat.


LIRE AUSSI: Guinée. Détournement chez UBA: les détails du procès est en cours


 


Les avocats sont surtout exaspérés par le comportement des procureurs qui, selon eux, ne font aucun effort pour leur éviter ces exactions. "La suite souvent réservée à nos plaintes nous laisse sur notre faim", dénonce Me Salif Béavogui, un des membres du Conseil de l'ordre des avocats. 

Bien qu'accusés de soutenir les officiers de police judiciaire, les parquetiers s'abstiennent pour l'instant de tout commentaire. Alors que le procureur général près la Cour d'appel de Conakry est absent du pays, l'avocat général près de la même cour nous a indiqué que les avocats n'ont pas notifié leur décision aux parquets. "Nous ne pourronsvparler de cela  que quand la décision nous sera officiellement notifiée", a dit Yaya Kairaba Kaba.


LIRE AUSSI: Guinée: un ex-chef d'état-major des armées jugé pour tortures


Au ministère de la Justice, on dit également que le département de tutelle n'a pas été officiellement informé de la décision des avocats. En tout cas, les conséquences de cette décision étaient palpables ce mercredi dans les tribunaux du pays.


"Au nom du principe de la défense, on ne peut pas juger quelqu'un sans son avocat. Alors sans avocat, pas d'audience", a indiqué le juge Ibrahima Sory Tounkara, président de la section correctionnelle du tribunal de première instance de Kaloum. Le juge explique que ce sont les détenus qui vont payer le plus lourd tribut. "Il est donc urgent de trouver une solution rapide. Sinon, des innocents risquent de rester longtemps en prison", estime-t-il.
Le 27/10/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou