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Vidéo. Guinée: vendeur de plantes, une profession en difficultés, malgré la passion du métier

Mise à jour le 05/12/2021 à 13h10 Publié le 05/12/2021 à 13h09 Par notre correspondant à Conakry- Mamadou Mouctar Souaré

#Société
vidéo Guinée: vendeur de plantes, une profession en difficultés, malgré la passion du métier
© Copyright : le360 Afrique/Souaré

#Guinée : La vente de fleurs à Conakry est un business rentable pour les pépiniéristes et fleuristes qui évoluent dans l'entretien et la vente de plantes en plein cœur de Conakry. Toutefois, ces professionnels de la botanique font aujourd'hui face à d'énormes difficultés...

Loin des zones rurales, ces Guinéens sont des fleuristes, certains diront des pépiniéristes. Ils agissent principalement dans l'entretien et la vente de plantes, et cela se passe en plein cœur de Conakry, dans la commune de Ratoma.

Ici, ils vivent du jardinage depuis longtemps. Beaucoup d'astuces découvertes, les plantes suivent généralement une longue procédure avant l'étape de la vente, nous informe le jardinier Mamadou Bah: «souvent nous allons jusqu’à Dubreka, à la sortie de Conakry pour trouver de la bonne terre pour nos plantes, à défaut, nous faisons une composition entre les différentes qualités de terre à notre disposition. C’est seulement après que nous essayons de mouiller la terre un peu, puis nous procédons à la transplantation dans des sachets plastiques, et en ce moment les plantes sont prêtes pour la vente».

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A Kakimbo, lieu de vente de ces plantes, le choix de l'endroit est stratégique. Pour l'arrosage des plantes, ces jardiniers se procurent de l'eau tout près, deux sources les ravitaillent au quotidien. Cependant, ici, tout n'est pas gagné. Elhadj Mamadou Bah regrette la mauvaise qualité de l'eau qui souvent impacte la pousse des plantes.

Chez les fleuristes, sous-équipés et sans moyens, les conséquences sont encore plus dramatiques : «nous souffrons énormément lors de l’étape de l’arrosage. Des fois, nous manquons complètement d’eau. C’est pourquoi vous voyez toutes ces cuves autour de nous. L’eau dans ces cuves nous sert de réserve en cas de manque. Il y en a certains parmi nous qui n’ont pas les moyens d’acheter une moto-pompe, donc ils utilisent le mode d’arrosage avec la main, et pour ces derniers c’est très difficile. Dans tous les cas, l’eau que nous utilisons est de mauvaise qualité, car elle affecte nos plantes. Plusieurs de nos plantes tombent ainsi malades».


Aujourd'hui, le constat, c'est bien le fait que les clients ont souvent des préférences variées, différentes. Pour Kerfalla Sylla, un client, le choix est vite fait: «il y a des gens qui préfèrent juste avoir l’ombre des arbres, moi je cherche et l’ombre et les fruits, voilà pourquoi je viens d’acheter un oranger. Les prix ici sont abordables, c’est autour de 5 dollars».

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Aujourd'hui, dans le commerce de fleurs, pas de prix fixes. Tout est à discuter, il y a des options pour toutes les bourses. Parlant des difficultés, deux faits sont souvent revenus, le problème lié à l'obtention de la terre et puis l'approvisionnement en eau pure, sans compter l'absence de clients lors des périodes sèches de l'année. Autant de facteurs avec lesquels les fleuristes doivent souvent composer.

A cause de l'urbanisation démesurée de la ville de Conakry, ces fleuristes sont souvent menacés de déguerpir. Voilà pourquoi ils ont déjà saisi l'Etat pour leur trouver un espace plus vaste pour qu'ils puissent continuer à lutter contre le réchauffement climatique, vivre de leur passion, et continuer à embellir les maisons... 
Le 05/12/2021 Par notre correspondant à Conakry- Mamadou Mouctar Souaré