Fermer

Tournoi ouest-africain d'athlétisme: les conséquences d'une organisation à la dernière minute

Publié le 16/05/2017 à 17h24 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Sports
athléltisme
© Copyright : DR

#Guinée : La Guinée a profité du désistement de la Sierra Leone pour organiser son premier tournoi ouest-africain d'athlétisme. Mais cette organisation à la dernière minute n'a pas été à la hauteur. De nombreuses défaillances ont été enregistrées.

Tribunes vides, matériels limités, difficulté à héberger les athlètes.... l'organisation n'a pas connu le succès annoncé par la Fédération guinéenne d'athlétisme.

La faute aux ressources financières limitées pour l'organisation d'un tel évènement. Les organisateurs se sont contentés d'une partie de la subvention de 20.000 dollars accordée par la "Zone II" d'athlétisme et du partenariat avec des hôtels de Conakry.

«L'Etat n'a rien décaissé. Le ministère ayant des partenariats avec les hôtels, les hébergements et nourritures des délégations ont été réglés par des bons», a ainsi confié le directeur national des Sports, Lansana Kabassan Keita, à le360Afrique. «J'ai dû tempêter à la direction administrative et financière du ministère pour que quelque chose soit faite pour cette compétition. Alors, à défaut de décaisser de l'argent, on a pu convaincre les hôtels partenaires du ministère pour nous faire des bons», a-t-il indiqué.

Pourtant, un budget minimal de près d'un milliard de francs guinéens (environ 100.000 euros) avait été validé. «Près de 75% de ce budget rentrent dans l'hébergement et le transport», a précisé Kabassan Keita.

Faute de moyens financiers, la communication a manqué sur l'évènement. Conséquence, on pouvait compter à peine 100 spectateurs au stade de Nongo, lorsque le ministre du Commerce, Marc Yombouno -représentant son homologue des Sports- donnait le coup d'envoi de la compétition. Quelques radios qui faisaient le direct ont surpris leurs auditeurs qui se demandaient bien de quel évènement il s'agit.


LIRE AUSSI : JO de Rio: deux athlètes guinéens s’évaporent dans la nature


Sur le champ de la compétition, les athlètes et juges ont dû s'adapter au matériel de fortune. Atef Chaloub, secrétaire général de la Fédération guinéenne d'athlétisme, avait bien prévenu que la Guinée ferait avec le minimum. Ainsi, pas de chronométrage électrique durant le premier jour. «Vous voulez quoi? On ne peut faire qu'avec ce qu'on a. On met des milliers de dollars sur le football au détriment des autres disciplines... C'est aussi ça la Guinée», s'est expliqué Atef Chaloub, samedi, au terme de la deuxième journée.

On estime que le déficit serait encore assez considérable si tous les 16 pays avaient répondu au rendez-vous de Conakry. En effet, cinq pays de la zone n'ont pas rallié la capitale guinéenne dont le Nigeria, le Ghana et la Côte d'Ivoire.

En dépit des nombreux bémols, Atef Chaloub croit que l'organisation a été une réussite. «Ce n'est pas facile de réunir 11 pays en seulement quarante jours. Nous avons réussi à le faire avec des moyens limités, nous devons nous en féliciter. C'est d'ailleurs la première fois que 11 pays se réunissent au compte de ce tournoi. Généralement, c'est sept, huit ou 9 qui répondent au rendez-vous», a-t-il dit.

Au stade désert de Nongo, les athlètes guinéens n'ont donc pas bénéficié du soutien du public, privilège des pays organisateurs. Les 26 athlètes engagés dans 19 des 20 épreuves n'ont pu glaner que trois médailles : une en or et deux en bronze. A la tête des pays médaillés, le Sénégal suivi par la Gambie.

Le 16/05/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou