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Vidéo. À la rencontre de subsahariens résidant à Casablanca

Mise à jour le 08/09/2019 à 17h25 Publié le 08/09/2019 à 17h02 Par Karim Ben Amar

#Société
Vidéo. À la rencontre de subsahariens résident à Casablanca
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#Maroc : A Casablanca, Le360 Afrique est allé à la rencontre de résidents subsahariens, des commerçants qui opèrent, entre autres, dans les métiers de la coiffure. Leur salon se trouve à Bab Marrakech et à El Oulfa, mais aussi dans l'une des tours du Twin Center où ils sont installés. Rencontres.

A Casablanca, on trouve de plus plus de commerces qui offrent des biens ou des services pour une clientèle venue de pays d'Afrique de l'Ouest. De nouveaux métiers ont ainsi surgi dans la capitale économique du Maroc. 

A Bab Marrakech par exemple, sur la place près de la mosquée, ou dans les petits ruelles avoisinantes, de nombreuse femmes, des Sénégalaises pour la plupart, proposent de tresser des cheveux féminins, de poser des extensions, mais pas seulement. L'éventail de leurs services est très large, comme en témoigne cette coiffeuse originaire du Sénégal: «si nous sommes ici, c’est pour travailler . Nous posons des faux-cils, des faux ongles et des tresses. Nous gagnons nos vies ainsi. Et la majorité de nos clientes sont des marocaines».


De son côté, une Ivoirienne, spécialisée dans les extensions capillaires, explique avoir décidé de s'installer à Casablanca après la crise politico-militaire dans son pays, en 2002: «j’ai été bien accueillie par les Marocains. Depuis 2011, nous sommes installés à Bab Marrakech. A chacun son activité, personnellement, je vends des cheveux naturels que je ramène de Chine et de Dubaï. De Côte d’Ivoire, je reçois des cheveux de seconde qualité». 


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Dans le quartier du Maârif, dans l'une des tours du Twin Center, sur le bouvevard Al Massira Al Khadra, on retrouve presque à tous les étages, des salons de beautés avec cette particularité: ils sont tenus par des entrepreneurs venus de différents pays d'Afrique subsaharienne. 

Ces salons sont spécialisés dans les différentes coiffure afro (tresses, nattes, etc.) qui sont aussi, d'ailleurs, de plus en plus prisées par les jeunes Marocaines.

Dans cet impressionnant édifice, le gérant d'un salon de coiffure souligne qu'«il y a une grande diaspora africaine au Maroc. Je vis moi-même au Maroc depuis 5 ans. Dans notre salon, nous faisons des manucures, des pédicures, mais aussi des tresses, des nattes, tout ce qui concerne les coiffures africaines. Et nous ne travaillons pas qu’avec une clientèle subsaharienne. La majorité de nos clientes sont marocaines. Nous sommes très fiers d’être ici au Maroc».


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Et dans la banlieue de la métropole économique, à El Oulfa, plus précisément dans le quartier Georges, devenu depuis quelques temps déjà, un lieu de prédilection pour le shopping des communautés de ressortissants de pays d'Afrique subsaharienne, de nombreuses épiceries spécialisées dans la vente de produits importés du Sénégal, de Mauritanie, du Mali, voire de Côte d'Ivoire, ont vu le jour.

En plus des nombreux salons de coiffure, de nombreux snacks spécialisés dans la cuisine ouest-africaine proposent différents mets pour les nostalgiques de leur pays: envie de mafé, de tieboudien? C'est là qu'il faut se rendre. 

Hassan, gérant d'un de ces snacks, spécialisé dans la gastronomie sénégalaise, et installé au Maroc depuis six mois à peine, explique devant Le360 Afrique que son activité consiste à préparer «du riz au poisson, du riz au poulet ainsi qu’une multitude de spécialités culinaires d’Afrique de l’Ouest». Hassan assure vivre «tranquillement au Maroc, où il y a une harmonie entre nos deux peuples, malgré les différences».

Toujours dans ce quartier Georges d'El Oulfa, Ibrahim, Malien, y a installé sa boulangerie: «à mes débuts, au Maroc, c’était très difficile. Par le courage et par la grâce de Dieu, j’ai travaillé dans une boulangerie en tant que nettoyeur. Pendant des mois et des mois, j’ai fait du nettoyage. Aujourd’hui, j’ai appris un métier et je cuis le pain moi-même».


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Et Ibrahim explique: «je produis en moyenne 2.000 pains par jour. Je dis hamdou'lah pour ce travail. Je subviens à mes besoins grâce à lui. Je n'ai pas à demander à autrui de l’argent pour manger ou pour payer mon loyer», explique-t-il fièrement. 

Le sens du courage est avant tout ce qui caractérise les personnes qui ont été rencontrées, ainsi qu’une véritable foi en ce pays et en son potentiel. Une source d'inspiration, assurément. 
Le 08/09/2019 Par Karim Ben Amar

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