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Mauritanie: l'état-major explique les circonstances de la mort du pêcheur sénégalais

Mise à jour le 31/01/2018 à 11h55 Publié le 31/01/2018 à 11h52 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
pêcheurs sénégal

#Mauritanie : Un communiqué de l'armée mauritanienne, rendu public mardi soir, explique les circonstances des tirs sur une pirogue de pêcheurs sénégalais, qui ont fait un mort le 27 janvier.

Dans un communiqué rendu public mardi soir, l’état-major général des armées de Mauritanie a expliqué les circonstances du tragique accident qui a causé la mort d'un homme au large de Saint-Louis au Sénégal, après que les gardes-côtes mauritaniens ont tiré sur une pirogue de pêcheurs.

"Au cours d’une mission de surveillance des pêches, une patrouille des gardes-côtes a intercepté, dans la soirée du samedi 27 janvier dernier, dans la zone de Ndiago, à la position 16 degré 06 N-16 degré 35 W, une pirogue sénégalaise qui pêchait sans autorisation dans nos eaux territoriales. Sommée de s’arrêter, la pirogue a refusé d’obtempérer aux mises en garde répétées de l’équipage et s’est rapprochée du bateau de surveillance dans l’intention d’entrer en collision avec lui en vue de l’endommager. Face à cette situation dangereuse, et dans le but d’immobiliser l’embarcation, le patrouilleur a procédé aux tirs sur le moteur de la pirogue. Après son immobilisation, il s’est avéré que l’un de ses neufs occupants a été touché et il a succombé à ses blessures quelque temps après".


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L'état-major mauritanien rappelle aussi qu'il ne s'agit pas du premier incident du genre. Ainsi, "au cours de l’année 2017, 62 opérations de contrôle en mer ont été opérées par les unités de la marine nationale, avec pour résultat l’arraisonnement de 108 pirogues et l’interception de 930 pêcheurs sans enregistrer d’incidents et sans déplorer de pertes en vies humaines".

Toutefois, poursuit le communiqué, "dans ce cas précis, le comportement provocateur de l’équipage de la pirogue a été à l’origine de cet incident regrettable qui a eu pour conséquence la perte d’une vie humaine".

L'état-major mauritanien a aussi tenu à souligner que "l’accès à la ressource halieutique du pays demeure régi par des lois et règlements que les unités de la marine et des gardes-côtes ont mission d’appliquer avec l’ensemble des moyens dont elles disposent".


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Cet incident mortel n'est pas le premier du genre. Les échaufourrées se sont multupliées depuis que Nouakchott, dan le cadre de sa nouvelle stratégie du secteur de la pêche, a décidé de ne pas renouveler les accords de pêche avec le Sénégal.

Le dernier accord avait offert 400 licences de pêche aux pêcheurs sénégalais de la ville de Saint-Louis. Toutefois, lors de la renégociation de l'accord, Nouakchott a exigé que les pêcheurs sénégalais débarquent leurs produits dans les ports mauritaniens avant de les acheminer vers le Sénégal. Proposition à laquelle les pêcheurs sénégalais se sont opposés. Du coup, les incidents se sont multipliés entre pêcheurs et gardes-côtes. 


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La localité de NDiago, citée par le communiqué comme théâtre de l’incident, est située à une quinzaine de kilomètres de Saint-Louis, d'où sont originaires les pêcheurs.

Rappelons que cet épisode tragique a été suivi par des actes de vandalisme contre des commerces tenus par des Mauritaniens dans cette grande ville du nord du Sénégal.

Un enchaînement de faits malheureux qui a réveillé le souvenir des massacres inter ethniques d’avril 1989, qui ont fait plusieurs milliers de victimes dans les deux pays. Du coup, cette fois-ci, les deux gouvernements ont rapidement œuvré pour apaiser la situation et il semble que des négociations soient prévues sur cet épineux dossier de la pêche. 
          
Le 31/01/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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