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Mauritanie. Sécheresse: nouveau cri de détresse des éleveurs

Mise à jour le 17/10/2017 à 14h30 Publié le 17/10/2017 à 14h27 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Economie
Secheress
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#Mauritanie : Les éleveurs poussent un nouveau cri de détresse à travers l'Association pour la promotion de l'élevage en savane et au Sahel (APESS). Suite au déficit pluviométrique, celle-ci craint un mouvement massif du bétail vers les pays voisins et un exode des populations rurales vers les centres urbains.

Suite à une réunion d’analyse tenue dans la ville de Rosso (sud-ouest de la Mauritanie), l’Association pour la promotion de l’élevage  en savane et au Sahel (APESS) lance un véritable cri de détresse face au grave déficit pluviométrique enregistré en Mauritanie lors de la période d'hivernage, à travers une déclaration rendue publique mardi 17 octobre.

«La situation pluviométrique, cette année en Mauritanie et dans les pays limitrophes du Sahel, est marquée par un déficit de pluies que nos éleveurs ont rarement vécu».

A titre d’illustration, dans cette région du sud-ouest de la Mauritanie, les précipitations de l’hivernage 2016 ont à peine dépassé les 200 millimètres alors que la moyenne normale est de 700 millimètres. 


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«Un constat dramatique dans la mesure où cette zone abrite un cheptel évalué à près de 1 million de têtes: camelins, ovins, caprins, petits ruminants répartis sur six départements», soutiennent les membres de l'APESS.

Une situation qui aura des conséquences dramatiques pour les hommes et leur bétail. Ainsi, l'APESS prévoit «un mouvement massif de transhumance du cheptel vers le Sénégal et le Mali. Un exode qui sera sans doute immédiatement suivi par celui des populations, dépendantes des produits de ce patrimoine, vers nos centres urbains dans lesquels elles viendront constituer de nouvelles bouches à nourrir, mais aussi accroître la densité urbaine».

La déclaration de l’APESS souligne également le sort dramatique du cheptel resté dans la région, «notamment dans les zones de la Chemama-Walo, aux environs immédiats du fleuve Sénégal, qui faute de trouver d’autres espaces de pâturage libre, risque de se diriger naturellement vers les périmètres agricoles privés, souvent mal protégés et situés dans des zones inappropriées». 


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Face à cette situation, le gouvernement a annoncé depuis quelques semaines, la mise sur pied d'un Comité interministériel chargé d’élaborer un plan d’urgence qui est pris en compte dans une loi rectificative des finances adoptée la semaine dernière.

Dans la perspective d'une transhumance hors des frontières nationales, il convient de rappeler que la Mauritanie et le Sénégal sont liés par un accord qui l'autorise. Toutefois, il y a un peu plus d’une année, les autorités sénégalaises avaient demandé le départ du bétail mauritanien, notamment des chameaux «qui causaient un énorme préjudice à l’environnement».

Cependant, le début de réchauffement des relations diplomatiques entre Dakar et Nouakchott, après le froid persistant des dernières années, autorise à envisager une reprise à grande échelle de la transhumance du bétail mauritanien vers le Sud en cette année de grave déficit pluviométrique, notent les observateurs.

Un mouvement identique et peut-être encore plus massif du bétail mauritanien pourrait toucher le Mali. 
Le 17/10/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya