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Mauritanie: l'homme de main de Ould Abdel Aziz chargé de la "mauritanité" est limogé

Mise à jour le 30/05/2017 à 11h18 Publié le 30/05/2017 à 09h47 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
M'Rabih
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#Mauritanie : Mohamed Vadel El Hadramy, dit M'Rabih, n'est plus à la tête de la redoutable Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS), considérée comme un véritable Etat dans l'Etat en Mauritanie. Il pouvait décider qui était Mauritanien ou non.


C'est lui qui déclarait qui était Mauritanien ou non et par conséquent, il était accusé par les négro-Mauritaniens de leur dénier délibérément la nationalité. En quelque sorte, il était chargé par la force des choses de décider de la mauritanité ou non de millions de citoyens. Il a été limogé dans un contexte de remaniement ministériel. 

En effet, Mohamed Vadel El Hadramy, connu sous le nom de M’Rabih, tout puissant patron de l’Agence nationale du registre des populations et titres sécurisés (ANRPTS) n’est plus à la tête de cette institution, chargée de l’opération d’enrôlement lancée au mois de mai 2011. 

Suivant un décret pris en conseil des ministres ce lundi 29 mai, il est remplacé  par Ahmed Ould El Moctar Bouceif, qui était jusqu’à cette date consul général de Mauritanie en République démocratique du Congo (RDC) et devient administrateur directeur général (ADG) de l’ANRPTS.


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M’Rabih est un proche cousin du président Mohamed Ould Abdel Aziz, avec lequel il entretient également une solide relation amicale. Sous sa direction, l’Agence nationale du registre des populations et des titres sécurisés (ANRPTS) est passée du simple statut d’une direction du ministère de l’Intérieur, en charge des questions d’état civil, à celui d’une agence constituant un véritable Etat dans l’Etat, dotée d'une autonomie financière.

De manière générale, cette institution est fortement décriée chez les Mauritaniens. Mais les populations de la vallée du fleuve Sénégal, nourrissent «une aversion particulière» contre ses méthodes, dont elles dénoncent «une absence totale de base légale». Ce sentiment est particulièrement répandu au sein de l’importante diaspora mauritanienne.

Parlant de l’opération d’enrôlement lancée au mois de mai 2011, un spécialiste du droit, la décrit comme «une vaste opération de dénationalisation/renationalisation» qui s’est traduite par l’annulation de tous les papiers d’état civil des Mauritaniens, et par conséquent de leur nationalité, au mépris du principe élémentaire de continuité de l’Etat. «Par la suite, a commencé la réattribution des titres au cas par cas», ajoute la même source.

Par ailleurs, abordant la perspective d’un référendum pour l’approbation d’un projet de révision constitutionnelle prévue le 15 juillet, le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU), un vaste rassemblement de partis politiques, d'organisations de la société civile, de centrales syndicales et de personnalités indépendantes, fustigeait récemment les pratiques d’une agence «dont le fichier électoral établi à partir de ses données tirées du registre de l’état civil estimé «à 1,3 million d’inscrits, ne représente que la moitié d’un potentiel national, estimé à 2,5 millions».
                           
Le 30/05/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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