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Mauritanie: le sénateur Ghadda empêché de quitter le territoire

Publié le 11/08/2017 à 12h29 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Ghadda
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#Mauritanie : Désireux de se rendre au Sénégal jeudi 10 août, le sénateur Mohamed Ould Ghadda a été bloqué au moment de la traversée du fleuve au niveau de Rosso, selon une nouvelle rapportée par plusieurs sources concordantes et confirmée par un haut responsable de l'opposition.

Désireux de se rendre à Dakar, Mohamed Ould Ghadda, chef de file des sénateurs en fronde contre la suppression de la Chambre haute du Parlement, approuvée par voie référendaire samedi dernier, a été bloqué à Rosso (200 kilomètres au sud de Nouakchott) et empêché de quitter le territoire national ce jeudi, selon plusieurs sources concordantes.

Le sénateur souhaitait passer des examens médicaux au Sénégal suite aux crises d'essoufflement dont il souffre et qui sont causées par les gaz lacrymogènes que les policiers ont utilisés contre lui lors des manifestations de l'opposition.

En plus, le sénateur a déclaré que les policiers lui avaient confisqué sa carte d'identité sans lui remettre d'attestation. 

Interrogé sur les motifs de cette mesure, un haut responsable de l'opposition, dépité, répond par une autre question «est-ce qu'ici on a besoin de raisons valables pour infliger un mauvais traitement à un adversaire politique?».


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Le sénateur Ghadda présidait une commission de la défunte Chambre haute du Parlement, chargée de mener une enquête sur plusieurs marchés de gré à gré, attribués à des individus présumés proches du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Il avait été arrêté début mai dernier à la suite d’un accident mortel de circulation sur la route Nouakchott-Rosso et incarcéré à la prison civile de cette ville. Il avait bénéficié d’une libération suite à une intervention du Sénat qui se référait à l’article 50 de la Constitution.

Dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte après cet accident, la gendarmerie avait mis sous scellé un téléphone cellulaire du sénateur.

Le contenu de ses conversations privées avec le banquier Mohamed Ould Bouamatou, réfugié au Maroc depuis plusieurs années, avait été par la suite étalé sur les réseaux et dans la presse. Pratique qui avait révélé une véritable affaire d’espionnage du sénateur par les autorités. Ce qui avait défrayé la chronique pendant plusieurs jours à Nouakchott.
 
Le 11/08/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

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