Fermer

Mauritanie: Bouamatou, l'homme d'affaires exilé au Maroc est la véritable cible de l'affaire Ghadda

Mise à jour le 28/08/2017 à 16h36 Publié le 28/08/2017 à 13h40 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Bouamatou

Mohamed ould Bouamatou, banquier et homme d'affaires mauritanien, en exil au Maroc depuis 6 ans.

© Copyright : DR

#Mauritanie : L'homme d'affaires mauritanien exilé au Maroc, Mohamed Ould Bouamatou, est la véritable cible de l'enquête contre l'ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda pour «crimes transfrontaliers». Un secret de polichinelle que vient de révéler au grand jour l'avocat Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny.

La véritable cible de l’enquête menée actuellement contre le sénateur Mohamed Ould Ghadda par les limiers de la police chargée de la répression des infractions à caractère économique, pour «crimes transfrontaliers», serait le banquier Mohamed Ould Bouamatou, selon maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, conseiller de l’intéressé et ancien bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA) mauritaniens.

La certitude de l'homme à la toge noire est justifiée: «la confusion et l’improvisation» qui caractérisent la gestion du dossier de l’ancien sénateur, lequel cache ainsi des desseins inavoués» avec pour résultat «un véritable chaos par rapport à l’obligation de respect des règles de procédure légale», explique l'avocat.

A ce titre, il cite «la violation de l’immunité parlementaire du sénateur, le séjour à la direction de la sûreté, à la brigade mixte de gendarmerie et à la direction de la police chargée de la répression des crimes à caractère économique, avec un interrogatoire tournant autour d’un scénario suivant lequel on s’efforce d’impliquer les personnes de Mohamed Ould Bouamatou (son représentant en affaires) et Mohamed Ould Debagh, sans succès».


LIRE AUSSI : Mauritanie: poursuite de la ronde des auditions dans le dossier Ghadda


Une certitude aujourd'hui: toute cette affaire du sénateur Ghadda vise à atteindre Mohamed Ould Bouamatou, l'homme d'affaires mauritanien en exil au Maroc depuis plusieurs années. D'ailleurs, les journalistes, syndicalistes et sénateurs interrogés par la police sont tous jugés proches de l'homme d'affaires et non moins cousin, au même titre que Ould Ghadda, du président Mohamed Ould Abdel Aziz. 

Selon diverses sources, les interrogatoires ont porté essentiellement sur le financement de leurs organes et institutions qu'on soupçonne de bénéficier des largesses du banquier en exil au Maroc. 

D’où le commentaire d’un certain Mohamed Lemine Ould Deidah sur les réseaux sociaux: «Si la police économique a l’intention d’interpeller tous ceux qui ont bénéficié de l’aide de Bouamatou, je crois qu’elle en aura pour plusieurs années. En effet, cet homme a soutenu de nombreux Mauritaniens issus de toutes les couches et de toutes les catégories: politiciens, non-politiciens, riches, pauvres, parents, inconnus, etc.». Partant, ajoute-t-il, «pour leur faciliter la tâche, je leur suggère de commencer par tous les fonctionnaires des différentes administrations: police, ministère des Finances, primature, le président Mohamed Ould Abdel Aziz et moi-même».


LIRE AUSSI : Mauritanie: Ould Ghadda accusé de crimes transfrontaliers


Homme d’affaires, entré dans le milieu bancaire en 1994, Mohamed Ould Bouamatou est devenu l'une des plus grosses fortunes de la Mauritanie sous le régime du président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya.

Il a également été un soutien du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz après le coup d’Etat du 6 août 2008 et à l’occasion de l’élection présidentielle du 18 juillet 2009.

Les rapports entre le président et le banquier se sont par la suite progressivement dégradés, poussant ce dernier à s'exiler à Marrakech, au Maroc, depuis plusieurs années.

Depuis lors, à tort ou à raison, le pouvoir Nouakchott prête au fondateur de la Générale de banque de Mauritanie (GBM) des visées déstabilisatrices sur le pays. Ainsi, la récente fronde des sages contre la réforme constitutionnelle de Mohamed Ould Abdel Aziz, entraînant le rejet de celle-ci par le Sénat et poussant le président à recourir à une autre voie jugée anticonstitutionnelle pour mener sa réforme, apparaît-elle comme la goutte qui a fait déborder le vase.

                
Le 28/08/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

à lire aussi