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Afrique-Qatar: un furtif périple d'un émir en quête de partenaires

Mise à jour le 26/12/2017 à 12h05 Publié le 26/12/2017 à 11h11 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Macky Sall l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani

Le 20 décembre 2017 à Dakar, le président sénégalais Macky Sall a reçu l'émir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

#Mauritanie : L'émir du Qatar, Cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, a effectué une tournée en Afrique de l'Ouest du 20 au 24 décembre 2017, se rendant notamment à Dakar, Bamako, Ouagadougou, Abidjan et Conakry. Une volonté de l'émirat de briser l'isolement que tente de lui imposer ses partenaires du Golfe.

Confronté à une crise diplomatique majeure avec ses voisins du Golfe, dont le chef de file est le royaume d’Arabie Saoudite, isolée sur le plan sous régional, et même au-delà, victime d’un embargo, l’émirat du Qatar cherche «la respiration» et va à la conquête de l’Afrique, dans la perspective d’un nouveau partenariat.

Tel est le sens de cette longue tournée en Afrique de l’émir Cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, qui s’est déroulée du 20 au 24 décembre, avec  Dakar comme première étape.

Une nuit ici, qui a débouché sur la signature de conventions de coopération touchant à de nombreux domaines. Après ce fût le tour de Bamako, Ouagadougou, Abidjan et Conakry.

Quelques analystes à l’esprit pointilleux ont relevé le caractère bref du passage de l’émir dans chaque capitale. Une seule nuit à Dakar, une heure à Bamako et très peu de temps partout ailleurs. N'empêche, plusieurs conventions de partenariat économique ont été partout paraphés. 


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Le nombre de pays concernés par ce périple témoigne d’une volonté de ratisser large de la part de l’émirat, décidé à élargir son cercle d’amis et à consolider les liens existants.

On se rappelle qu’au début de la crise du Golf, certains pays africains à l’image de la Mauritanie, du Sénégal et du Tchad, avaient rompu les relations diplomatiques avec Doha.

Mais Dakar s’est rapidement rendu compte du caractère précipité et peu stratégique de la décision de rappeler son ambassadeur à Doha, pour consultations, entraînant la réaction de rupture des relations diplomatiques à l’initiative du Qatar.

Un épisode qui illustre l’impertinence d’une attitude consistant à aligner diplomatiquement sa position sur celle d’un partenaire, fût-il aussi stratégique que l’Arabie Saoudite sur une question qui doit relever exclusivement de la souveraineté de chaque Etat.

Le Qatar et les pays visités ont signé des accords bilatéraux presque similaires portant sur le soutien à la jeunesse, la culture et le sports, avec en sus l’octroi du droit de survol de l’espace aérien pour ce qui concerne l’étape ivoirienne


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Le soutien à la jeunesse est une équation vitale en Afrique subsaharienne au momentoù des jeunes ressortissants de la région tentent l’aventure de l’immigration irrégulière vers l’Europe et finissent dans les liens de l’esclavage en Libye.

Dans la lecture diplomatique de cette tournée de l’émir du Qatar, l’étape de Dakar présente un intérêt particulier. En effet, bien qu’ayant rappelé son ambassade au plus fort de la crise du Golfe, le Sénégal a été la première étape de cette tournée. Les relations entre les deux pays sont un peu sensibles. Le Qatar accueille Karim Wade, fils de l’ancien chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade, Condamné à 6 ans de prison pour «enrichissement illicite» en 2015, et qui a bénéficié d’une grâce présidentielle, avec l'appuie des qataris. Que se sont dits le président Macky Sall et l’émir du Qatar à ce sujet? Mystère pour le moment.

Comment Dakar entend gérer diplomatiquement l’offensive saoudienne visant à crée «un  Qatar ban» à l’aide de tous ses alliés?

Difficile de répondre à toutes ces interrogations, car l’émir est reparti en catimini, pas de conférence de presse, ni de déclaration officielle.
        
Le 26/12/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya