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Mauritanie: des organisations dénoncent un trafic d'êtres humains vers l'Arabie Saoudite

Mise à jour le 01/04/2018 à 11h40 Publié le 01/04/2018 à 11h39 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
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#Mauritanie : La Centrale libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM), SOS Esclaves et l'Association des femmes chefs de familles (AFCF) dénoncent un trafic d'êtres humains de la Mauritanie vers l'Arabie Saoudite. Dans une déclaration conjointe, les trois organisations exigent l'arrêt immédiat de cette pratique.

La Centrale libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM), l’Association des femmes chefs de famille (AFCF) et SOS esclaves, dénoncent «un trafic d’êtres humains» de la Mauritanie vers l’Arabie Saoudite «avec la complicité des autorités», dans une déclaration conjointe rendue publique mercred dernier. 

Ces trois organisations, un syndicat et deux associations de la société civile, déplorent l’absence de réaction des gouvernants en dépit des démarches répétées pour attirer leur attention sur un  phénomène «dont la pratique se poursuit encore, faisant chaque jour des victimes envoyées dans de mauvaises conditions et dont la réalité renvoie à des cas avérés  de ventes d’êtres humains».

La déclaration conjointe exprime une profonde désolation par rapport «à la complicité des autorités» et «regrette les déclarations du pouvoir affirmant avoir fermé les bureaux des trafiquants, alors que ces derniers continuent à se livrer à leurs activités en toute impunité et même avec des facilités accordées par l’Etat».


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Le document conjoint  rappelle la signature, entre la Mauritanie et l’Arabie Saoudite, d’une convention bilatérale relative à l’envoi de travailleurs domestiques.

La CLTM, l'AFCF et SOS Esclaves perçoivent cette convention bilatérale comme «une couverture légale donnée aux chefs de bureaux qui pratiquent le trafic des personnes. En plus, elles ne donnent aucune garantie en faveur des personnes soit disant  domestiques, car toutes les questions liées aux droits des travailleurs ne sont pas  cernées, ni prises en compte dans le cadre de cette convention».

La déclaration rappelle les dispositions légales relatives aux droits des travailleurs en vigueur dans le pays: la  protection sociale, le congé payé et les billets d’avion qui en découlent, le salaire de base mensuel, les primes d’éloignement, le repos hebdomadaire et  le respect des horaires réglementaires de travail.
Les  3 associations citent, comme preuves, les noms d’individus victimes du trafic recensés  ces derniers temps.

La déclaration  exige «le rapatriement de toutes les personnes envoyées en Arabie Saoudite pour travail domestique, la fermeture effective des bureaux de trafic et la traduction devant la justice des présumés trafiquants, l’annulation de l’accord  entre les 2 gouvernements et le règlement de l’ensemble des droits, ainsi que les réparations dues aux victimes».

Par ailleurs, les associations mauritaniennes «lancent un appel à toutes les organisations éprises de paix et de justice afin de s’investir pour le rapatriement de toutes les Mauritaniennes victimes de ces pratiques éhontées».

Le 01/04/2018 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya