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Mauritanie: l'opposition accuse Ould Abdel Aziz de "vampiriser" l'administration avant son départ

Mise à jour le 25/07/2019 à 13h58 Publié le 24/07/2019 à 13h50 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Politique
Mohamed ould Abdel Aziz

Mohamed ould Abdel Aziz, président de la République islamique de Mauritanie.

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#Mauritanie : Le président Mohamed ould Abdel Aziz doit passer le témoin au nouveau président élu, Mohamed Cheikh Ahmed ould Mohamed Ghazouani, le 2 août prochain. En attendant, il poursuit sa politique de nominations visant à caser autant que possible ses proches avant son départ, au grand dam de l'opposition.

Après un putsch et deux mandats à la tête de la Mauritanie, Mohamed ould Abdel Aziz va passer le témoin à Mohamed Cheikh Ahmed ould Mohamed Ghazouani, le 2 août prochain.

Candidat de la majorité, ancien Chef d’état-major Général des Armées (CEMGA), ex-ministre de la défense et fidèle compagnon du chef de l’Etat sortant depuis une quarantaine d’années, Ghazouani a été élu président de la République dès le premier tour d’un scrutin aux résultats contestés, organisé le 22 juin dernier.

Les quatre candidats malheureux de l’opposition accusent le président sortant d’avoir pris plusieurs actes de gouvernance visant à "vampiriser" la haute administration et à miner le terrain du futur pouvoir, à travers une déclaration commune.


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Ces candidats sont Biram Dah Abeid (leader anti-esclavagiste), Sidi Mohamed ould Boubacar (indépendant-ancien Premier ministre), Kane Hamidou Baba (Coalition Vivre Ensemble-CVE) et Mohamed ould Maouloud (Coalition des Forces pour un Changement  Démocratiques-CFCD).

Cette déclaration indique ainsi «qu’à la veille de la fin de son ultime mandat, le président de la République, Mohamed ould Abdel Aziz, s’évertue à prouver son attachement à sa fameuse formule suivant laquelle la fin constitutionnelle de son pouvoir ne signifie en rien son éloignement de la gestion des affaires publiques.Ainsi, tous les actes qu’il pose depuis son dernier hold-up électoral, consistent à récompenser outrageusement sa clientèle politico affairiste ou à rendre difficile toute normalisation de la vie politique, administrative, économique et sociale du pays- qu’il verrouille méthodiquement,  à travers des nominations de convenance à des postes hautement stratégiques à l’image de certaines d’ambassades».


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La déclaration se réfère également «à une rallonge budgétaire de 17 milliards d’ouguiyas arrachée à un parlement transformé en simple chambre d’enregistrement, pour payer des hommes d’affaires de son entourage immédiat, des travaux d’infrastructures routières objets de marchés juteux et douteux. La multiplication des cessions foncières et autres licences en tous genres, octroyées sans aucune logique autre que clientélisme et affairisme sans vergogne».

Par ailleurs, le document condamne en cette fin de règne «une campagne de répression ciblée, d’une brutalité inouïe, contre certaines populations, dans le seul but de semer l’effroi et d’envenimer artificiellement le climat politique sur des bases ethniques et raciales, la relance de poursuites abusives contre certains citoyens pour des motifs purement politiques, une tentative éhontée d’impliquer des pays frères dans une crise post-électorale».

La déclaration appelle enfin l’ensemble des forces vives de Mauritanie «à renforcer leur unité pour déjouer toute tentative visant à perpétuer le pouvoir personnel» du chef de l’Etat actuellement en fin de mandat.
Le 24/07/2019 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya