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Mauritanie: tirs groupés contre le verdict dans l'affaire M'Kheitir

Mise à jour le 13/11/2017 à 18h10 Publié le 13/11/2017 à 18h03 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
manifestations mauritanie

Des manifestations contre la libération de Mohamed Cheikh Ould M'Kheitir ont été interdites ou réprimées à Nouakchott depuis jeudi dernier.

#Mauritanie : Plusieurs organisations politiques et syndicales continuent à protester contre l'annulation de la peine de mort du blogueur Mohamed Cheikh Ould M'Kheitir et à dénoncer la répression visant les manifestations de la mouvance islamiste en Mauritanie.

L'annulation de la condamnation à la peine de mort du blogueur Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir pour «blasphème» suscite de vives réactions dans certains milieux en Mauritanie. Jeudi dernier, la cour d’appel de Nouadhibou (Nord) avait ainsi annulé le jugement de 2014 et condamné le jeune homme à deux ans de prison ferme - peine purgée en détention préventive.

Depuis, la rue s'enflamme et des manifestations réclamant l'exécution du blogueur sont interdites ou réprimées. La Centrale Libre des Travailleurs de Mauritanie, l'une des plus importantes centrales syndicales du pays, condamne l’arrestation de plusieurs centaines de manifestants qui protestaient contre l’annulation de la peine capitale visant le jeune blogueur. Quant à la Confédération Nationale des Travailleurs de Mauritanie, elle dénonce «le silence de l’élite politique nationale face à l’atteinte à l’image de la personne sacrée du Prophète par Mohamed Ould M’Kheitir et condamne un verdict contraire aux règles de la loi musulmane».


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Cette organisation s’insurge particulièrement contre «une répression sévère visant des fidèles dont la seule faute est de manifester pour dénoncer une mesure d’élargissement en faveur d’un individu auteur d’un écrit blasphématoire».

Quant au Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), vaste rassemblement de l’opposition, il qualifie le second jugement «de décision politique de la part d’un régime qui a cédé face au chantage de l’Occident». D’où le rejet catégorique de l’attitude d’un pouvoir habitué «à manipuler des dossiers sensibles qui menacent la stabilité et la sécurité du pays». Devant cette levée de boucliers, un analyste déplore «l’attitude d’un FNDU engagé dans une tentative de récupération, au risque de se fourvoyer dans des calculs politiques».

 
    
   
Le 13/11/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya