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Mauritanie. l'IRA alerte face au tourbillon de l'extrémisme religieux

Mise à jour le 23/11/2017 à 14h55 Publié le 23/11/2017 à 14h52 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya

#Société
Biram Dah Abeid

Biram Dah Abeid, fondateur et président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie).

#Mauritanie : L'Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste s'inquiète des pressions menées par les milieux islamistes radicaux et de leur influence grandissante sur l'opinion et le gouvernement, dans une note publiée jeudi.

Une note de l’Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), une ONG antiesclavagiste, alerte contre la montée en puissance «du tourbillon extrémiste religieux» en Mauritanie, dans une déclaration rendue publique mercredi soir.

«Insensiblement, l’opinion bascule dans l’outrance du fanatisme, banalisant, de facto, l’incitation au meurtre et le recours à la justice privée. Des personnalités connues s’expriment en public pour réclamer la tête de Mohamed Ould M’Kheitir, même après sa libération théorique. Des volontaristes prétendument mus par l’amour du Prophète, offrant une prime au bourreau éventuel et aucun ne sera bien entendu poursuivi», déplore le document de l’ONG.


>>>LIRE AUSSI: Mauritanie: la libération du blogueur M'Kheitir enflamme la rue islamiste

Mohamed Cheikh Ould M’Kheitir est un jeune blogueur reconnu coupable d’apostasie par la cour criminelle de Nouadhibou et condamné à la peine capitale en janvier 2014. Cette peine a été annulée par une cour d’appel dans un arrêt rendu le 9 novembre dernier, sur la base de l’article 306 du Code pénal mauritanien. Cet arrêt a provoqué la colère de la rue et des manifestations fortement encadrées par le courant islamiste radical, réclamant la mort du blogueur.

Le 16 novembre dernier, le gouvernement mauritanien a examiné et adopté un projet de loi visant la modification de l’article 306 du Code pénal, dans l’objectif de supprimer toute possibilité de pardon en faveur des individus reconnus coupables d’apostasie. Une évolution qui a poussé les ONG de défense des droits humains à dénoncer une attitude «populiste» de la part des autorités accusées d’avoir légiféré sous la pression de la rue.  

Par ailleurs, ajoute la note d’alerte de l’IRA, «d’autres jeunes, issus de familles influentes, auraient tenu des propos d’une gravité comparable, sans provoquer un tollé aussi énorme. L’esprit de corps tribal permit de les soustraire de la curée, l’inégalité de naissance leur accordant, alors, la caution du sacré».

Le 23/11/2017 Par notre correspondant à Nouakchott Cheikh Sidya