Mauritanie: démarrage des formations du Collège de Défense du G5 Sahel

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Le 15/10/2018 à 16h25, mis à jour le 16/10/2018 à 09h58

Une quarantaine d’officiers, pensionnaires du "Collège de Défense du G5 Sahel" ont effectué leur rentrée à Nouakchott ce lundi, qui marque ainsi le début de leur cursus militaire dans cet établissement. Ces 40 élèves sont issus du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Tchad.

Ils ont une carrière militaire riche de 15 à 20 années d’expérience dans les différentes forces armées des pays membres.

Le Collège de Défense du G5 Sahel est conçue pour servir «d’école de guerre destinée à permettre aux officiers de suivre une formation opérationnelle et académique sur une période de neuf (9) mois».

La mise en place de ce nouvel outil est née d'une volonté politique commune des cinq Etats du Sahel, confrontés à la montée de la violence extrémiste depuis plusieurs années.

La construction de cet établissement, qui est dirigé par un officier mauritanien, le général Brahim Vall, a été financée par les pays du Golfe et les ressources annuelles nécessaires à son fonctionnement sont estimées à 800.000 euros.

La création du Collège de guerre du G5 Sahel est une idée s’inscrivant dans la logique de la mise en place de la Brigade anti-terroriste, une force commune de 5.000 hommes. Celle-ci rencontre encore d’énormes difficultés sur le chemin de son opérationnalisation.

Des problèmes imputables au schéma suivant lequel les pays de la région attendent de l’extérieur le financement de leur sécurité, pourtant domaine de souveraineté par excellence.

Par ailleurs, au-delà de l’incontournable riposte militaire, le G5 Sahel nourrit l’ambition d’un vaste programme économique, qui renvoie aux causes profondes de la montée de la violence extrémiste.

Moussa Marra, ancien Premier Ministre du Mali, rappelle d'ailleurs ces causes à travers une tribune publiée dans la presse le week-end dernier: «pauvreté endémique, raréfaction des ressources, effets perceptibles et de plus en plus désastreux du changement climatique, des tensions sociales et ethniques, des états inefficaces et des politiques brutales, une laïcité mal définie, des rapports conflictuels entre la religion, la société et l’Etat, l’explosion démographique, la crise du couple éducation/emploi créant le chômage des jeunes….».

Ainsi, pour éradiquer la violence extrémiste il faudrait donc aller au-delà du tout-sécuritaire... 

Par Cheikh Sidya (Nouakchott, correspondance)
Le 15/10/2018 à 16h25, mis à jour le 16/10/2018 à 09h58