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Sénégal: les producteurs d’oignons inquiets à cause du non-respect du gel des importations

Publié le 05/03/2019 à 14h43 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Economie
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#Sénégal : Denrée pourtant importante dans l'alimentation du pays, des tonnes d’oignons récoltés dans la vallée du fleuve Sénégal risquent de pourrir sous le regard impuissant de leurs producteurs. A quelques jours du début de la récolte, l’Etat continue de permettre l'importation d'oignons.

Alors qu’on n’a pas en fini de parler d’une campagne arachidière catastrophique, les producteurs d’oignons sont dans le désarroi à cause du «non-respect du gel des importations».

Les producteurs de Niandane, Boubé, Thillé Boubacar, Guiya, Ndiayéne, Pendaw et Tarédji, des localités de la vallée du fleuve Sénégal, l’ont fait savoir au cours d’un point de presse. Ils ont même quasiment supplié l’Etat, de veiller au respect de ses engagements préalablement pris avec les importateurs.

«Au moment où nous sommes en train de récolter beaucoup d'oignons, nous avons été informés qu’il y’aurait plusieurs centaines de tonnes d’oignons importées qui sont sur le marché. Si aujourd’hui l’oignon importé continue d’envahir le marché, c’est certainement de connivence avec nos autorités. Car si des dispositions pratiques avaient été prises, aucun importateur ne pourrait faire entrer la moindre quantité d’oignons dans le pays», a fait savoir Mamadou Sall, président de l’Association pour la défense des intérêts des producteurs.

Et si l’Etat n’y prend pas garde, les importations d’oignons vont entraîner une mévente de la production locale.


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Selon Mamadou Sall, l’Agence de régulation des marchés et le ministère du Commerce doivent prendre leurs responsabilités car, déclare-t-il, «le sac de 40 kilogrammes d’oignons vendu à 14 francs Cfa le kilo est jugé trop cher par les acheteurs».

Pire encore, indique-t-il, la plupart de ces producteurs se trouvent actuellement dans une situation critique, car ils ont contracté des dettes de plusieurs centaines de millions de francs Cfa auprès des banques, qu'ils ne pourront pas honorer. 

Dans ces conditions, les importantes productions d’oignons produits, en attente d’hypothétiques d’acheteurs, risquent de pourrir entre les mains des producteurs.


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Du côté des intermédiaires, on continue à casser les prix car ceux-ci soutiennent qu'ils ne peuvent, à l'instar de l'un d'entre eux, «acheter de l’oignon importé au même prix que l’oignon local, qui est loin d’être de meilleure qualité».

Mais les producteurs, de leur côté, ne sont pas de cet avis. «Non seulement l’oignon que nous avons récolté est de qualité, mais nous avons dépensé beaucoup d’argent pour avoir un bon produit», affirme ainsi cet habitant du village de Thillé Boubacar.

Le 05/03/2019 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé