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Sénégal. UEMOA: l'opposant Mouth Bane exige la publication de l’accord

Mise à jour le 13/04/2017 à 08h31 Publié le 13/04/2017 à 08h29 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Politique
Mouth Bane est le premier opposant Sénégalais a demander des comptes après l'échec d'Abidjan

Mouth Bane est le premier opposant Sénégalais à avoir demandé des comptes après l'échec d'Abidjan

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#Sénégal : Mamadou Mouth Bane, Président de la coalition de l'opposition «Jubanti Sénégal» exige la publication de l'accord entre les huit chefs d'Etat permettant au Sénégalais de reprendre définitivement le poste de président de la Commission de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Quelle lecture faites-vous du choix porté sur le Nigérien Abdallah Boureima pour diriger la Commission de l'UEMOA?

 
Nous avons appris avec une grande surprise que la présidence de la Commission de l’UEMOA est confiée au Nigérien Abdallah Boureima. C’est une nouvelle défaite de la diplomatie sénégalaise. Pire, c’est une violation des dispositions constitutives de cette organisation sous régionale qui voudraient que la présidence soit confiée au Sénégal. Mais que faire si c’est le Chef de l’Etat lui-même qui renonce à ce privilège. De manière générale, c’est notre pays qui n’a pas d’orientation géostratégique au niveau africain et sous-régional. Nous en avions déjà assez d'avoir été battus dans l’élection pour la présidence de la Commission de l’Union Africaine. Nous sommes mis à l’écart dans le plan sécuritaire du G5 Sahel. Le Sénégal est absent dans toutes les grandes rencontres internationales où on discute de l’avenir de la planète. Il y a 5 ans, notre pays était invité au banquet du G8 ou du G20. Aujourd’hui, on ne cite notre pays que dans des faits de corruption comme l’affaire Lamine Diack, Pétro Tim etc…
 

D’après le communiqué de la Présidence, Macky Sall a négocié pour que le poste revienne définitivement au Sénégal à la fin du mandat du Niger. Mais, avec la monnaie unique africaine qui se profile, Macky Sall ne se serait-il pas fait dupé par ses pairs d'autant plus que l'UEMOA risque de disparaître avant la fin de ce mandat?

 
Ce n’est pas demain que la monnaie africaine verra le jour. Car pour qu’elle soit créée, il faudrait que les dirigeants des pays concernés aient le courage de prendre une décision politique de rompre la coopération avec la France. Or ce pays tient certains dirigeants africains qui n’osent pas ramer à contre courant des intérêts français. Maintenant par rapport au communiqué de la présidence disant que le président Sall a négocié pour que le poste revienne définitivement au Sénégal, je n’y crois pas. La présidence n’a qu’à exhiber les termes de l’accord signé entre les Chefs de l’Etat permettant au Sénégal de garder ce poste. Qu’on ne nous trompe pas. Cela ne peut pas être une simple déclaration orale. C’est un accord signé et qui engage tous les Etats qui doit être pris. Qu’on nous montre cet accord.


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La sous-région ouest-africaine est une zone où, pour leurs intérêts particuliers, les Présidents s'entendent rarement. Est-ce qu'il ne serait pas temps qu'ils mettent de côté leurs problèmes personnels pour enfin agir dans l’intérêt commun de la sous-région?

 
Vous posez l’importante question sur l’unité des pays d’Afrique. Nos Etats ne seront forts que lorsqu’ils unissent leurs forces. Il faut une politique économique et monétaire commune pour atteindre un certain niveau de développement. Mais malheureusement, certains dirigeants sont au service de la France qui travaille à maintenir nos pays dans la division. Chacun veut gérer son micro Etat pensant pouvoir atteindre l’émergence sans les autres. Or nos pays ont besoin d’un grand marché de plusieurs millions d’habitant pour écouler nos produits. L’espace CEDEAO fait plus de 300 millions d’ouest africains. C’est un marché immense. Au lieu de signer des accords avec les Européens, les aAricains devraient nouer des partenariats gagnants-gagnants entre eux. Mais c’est dommage, nous avons des dirigeants qui travaillent pour défendre des groupes étrangers. 
Le 13/04/2017 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

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