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Sénégal: pour avoir partagé une caricature de Macky Sall, Ouléye Mané se retrouve en prison

Mise à jour le 01/06/2017 à 09h46 Publié le 31/05/2017 à 22h24 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé

#Société
Et pourtant le président Macky Sall a toujours été caricaturé

Et pourtant le président Macky Sall a toujours été caricaturé

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#Sénégal : Pour avoir partagé la caricature d'un portrait de Macky Sall sur un réseau social, Ouleye Mané a été arrêtée et mise en garde à vue par la brigade de recherche, a-t-on appris ce mercredi 31 mai de sources judiciaires et sécuritaires.

La caricature d'une photo de Macky Sall a été partagée au sein d'un groupe WhatsApp dont fait partie la malheureuse Ouleye Mané. La police lui reproche d’avoir, à son tour, partagé la caricature de Macky Sall, président de la République.

Elle a été cueillie chez elle et son téléphone a été saisi. Selon les proches d’Ouleye Mané, la photo caricaturée du président Macky Sall lui a été envoyée de Paris par un membre de son groupe WhatsApp et ce partage date de plus de 15 jours.

L’arrestation de Ouleye Mané est la plus médiatisée. Toutefois, «quinze personnes seraient arrêtées et détenues pour avoir partagé sur le réseau social WhatsApp une caricature du Président Macky Sall», a révélé Seydi Gassama, directeur de la section sénégalaise d’Amnesty international. Et cette arrestation est une vraie aberration d’autant plus que, «dans toutes les démocraties, les chefs d’Etat sont caricaturés», a souligné Seydi Gassama.


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Le militant des droits de l’Homme dénonce ainsi ce qu’il qualifie d’entrave à la liberté d’autrui. «Ces quinze personnes comptent parmi les premières victimes du nouveau Code pénal liberticide de Sidiki Kaba», ajoute-t-il. En effet, le 28 octobre 2016, maître Sidiki Kaba, le ministre de la Justice avait vivement défendu face à l’Assemblée nationale, le projet de loi n° 25/2016 modifiant la loi n° 65660 du 21 juillet 1965. Et de nouveaux délits comme l’atteinte à la vie privée ont été ajoutés à ce nouveau Code pénal.



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La liberté d’expression fait partie des droits reconnus à l’individu. Et ce droit lui permet de faire connaître le produit de son activité intellectuelle à son entourage. Dans aucun pays au monde, cette liberté d’expression ne devrait pas être retirée aux citoyens. C’est pourquoi plus d’un million de personnes avaient manifesté pacifiquement à Paris le 11 janvier 2015 pour protester contre l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo qui avait caricaturé le prophète Mohammed. Or, le Président  Macky Sall avait lui-même participé à cette marche, et était très visible au premier plan.

Compte tenu de cette réalité, Ouleye Mané et ses codétenus devraient tous être relaxés. Le fait que le président Macky Sall se rende en France pour défendre une cause en faveur des Français et défende le contraire au Sénégal contre une Sénégalaise serait très mal perçu.
Le 31/05/2017 Par De notre correspondant à Dakar Moustapha Cissé