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#Société

Vidéo. Sénégal: l'incontournable, mais si dangereux moto-taxi "Jakarta"

Mise à jour le 24/09/2017 à 13h12 Publié le 24/09/2017 à 11h53 Par Malick Maram Ndiaye et Moustapha Cissé

#Sénégal : Il est maintenant possible d'aller d'un bout à l'autre de la ville de Thiès en payant seulement 500 francs CFA (0,75 euro). Les clients des moto-taxi, appelé Jakarta dans le jargon local, s'en réjouissent. Les conducteurs des motos-taxis, eux non plus ne se plaignent pas.


Depuis 2011, les motos-taxis ont envahi certaines villes du Sénégal. Communément appelé «taxi-Jakarta» à Thiès, deuxième ville la plus peuplée au Sénégal, ce moyen de transport est devenu incontournable. Ces «taxis-Jakarta» font le bonheur des passagers comme les travailleurs à faible revenu, les nombreux chômeurs que compte la ville ou les élèves. Parce qu’ils permettent un déplacement rapide en centre-ville, les "Jakarta" comptent même parmi leur clientèle certaines dames qui étaient réfractaires à ce type de transport.

«Taxi-Jakarta», un pourvoyeur d’emploi


Tant décriés à cause du nombre d’accidents dans lesquels ils sont impliqués, les Jakarta ont pourtant redonné l’espoir à leurs jeunes conducteurs. Grâce à ces motos-taxis beaucoup ont pu trouver un emploi et ainsi subvenir à leurs besoins.


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Selon Alioune Dème alias «Baye Fall», «même si le carburant coûte cher, on peut  épargner au minimum 2.500 FCFA (5,2 euros), par jour». Cette somme peut, a priori, sembler dérisoire, cependant, du côté des conducteurs qui sont pour la plupart d’ex-chômeurs, ce pécule honnêtement gagné est d'un grand secours. « Maintenant, nous subvenons dignement à nos besoins quotidiens et à ceux d’un frère ou d’une sœur», a ajouté Abdoul Khadre, un autre conducteur de moto-taxi.

Une cible facile pour la police


Toutefois, ces jeunes qui assurent une partie du transport urbain à Thiès, se plaignent des tracasseries policières qui les empêchent de travailler dans la tranquillité. «On ne peut travailler pendant un mois ferme sans que nos motos soient mises à la fourrière par la police», se plaignent «Baye Fall» et son collègue Abdou Khadre. Mais le plus dur, c’est quand vient le moment de la récupérer. «On est toujours obligé de payer 6.000 FCFA (9 euros) à la police, sans recevoir de quittance, pour reprendre la moto», ont-ils expliqué.


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Côté sécurité, seuls quelques conducteurs de «taxis-Jakarta» respectent le port obligatoire du casque. Et à cause du non-respect des règles de sécurité, les conducteurs sont des cibles faciles pour les policiers.
Les «taxis-jakarta» ont néanmoins fini par se faire une place dans des villes sénégalaises comme Thiès, Kaolack, Mbour, Fatick ou Kolda. Ils bousculent chaque jour la hiérarchie du transport urbain au Sénégal, jadis assuré par les taxis, les calèches et le minibus.
Le 24/09/2017 Par Malick Maram Ndiaye et Moustapha Cissé

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