Alors que le pays enregistre plus de 3800 cas confirmés de contamination au nouveau coronavirus, dont 1900 actifs, le Sénégal doit également faire face à de plus en plus de remous sociaux liés aux mesures instaurées par le gouvernement pour contenir la propagation de la pandémie.
Dans la ville sainte de Touba, ce mardi 2 juin, les populations, avec à leur tête des transporteurs et chauffeurs dont l’activité est à l’arrêt depuis exactement deux mois, sont sorties manifester contre l’interdiction des déplacements interurbains. Ils ont ainsi barré les artères de cette cité religieuse.
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Il y a eu un effet contamination dès que l'information a été relayée dans les réseaux sociaux et par les médias. Ainsi, à Thiès à une centaine de kilomètres de là, on a assisté à de violentes manifestations pour les mêmes raisons dans cette même journée. Et enfin à Mbacké, ville voisine de Touba, dans la soirée les jeunes de plusieurs quartiers ont bravé le couvre-feu et l'Etat d'urgence sanitaire par des attroupements et des marches spontanés.
Ainsi, dans la nuit, le Khalife général des Mourides informé de la situation a fait une communication appelant les populations aux calmes, et déplorant que de pareils remous puissent se produire dans la ville sainte.
Plusieurs manifestants ont fait face aux forces de l’ordre, avec des jets de pierres nourris, mais aussi en brûlant des pneus. "Nous préférons mourir du coronavirus que de mourir de faim", a déclaré un jeune homme devant des caméras, traduisant le sentiment de frustrations de beaucoup de professionnels du transport.
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Touba, faut-il le rappeler, est le deuxième foyer d’infection en termes de nombre de personnes testées positives avec un peu plus de 350 encore sous traitement.
Il y a moins d’une semaine, dans le sud du pays, à la station balnéaire du Cap Skirring, les populations étaient également sorties pour dénoncer, non pas les mesures de lutte contre la pandémie, mais le manque d’eau dont souffrait la localité depuis plusieurs jours.
Ces mouvements de colère qui poussent de plus en plus de personnes à affronter les forces de l’ordre sont le signe d’une tension de plus en plus visible.