Voici les 7 principaux producteurs africains de pétrole en 2025

Puits de pétrole.

Puits de pétrole. . DR

Le 28/01/2026 à 12h09

La production pétrolière des pays africains se situe autour de 6,73 millions de barils par jour (mb/j) en 2025, soit environ 6,40% de la production mondiale. Celle-ci est le fait d’une poignée de producteurs dont les 7 premiers concentrent quelque 87% de la production totale africaine. Toutefois, grâce aux découvertes de nouveaux gisements et aux investissements annoncés par les multinationales, la production de l’or noir devrait croître dans les années à venir.

L’Afrique demeure un nain au niveau de la production de pétrole. En effet, la production cumulée de la quinzaine de producteurs africains de l’or noir s’est accrue de 7,50% pour s’établir à 6,73 millions de barils par jour (mb/j). Une hausse qui s’explique par les investissements dans les champs pétroliers existants, les démarrages de nouveaux champs pétroliers, la baisse du siphonage de pétrole au Nigeria, la baisse des tensions autour des sites pétroliers libyens,…

Rapportée à la production mondiale estimée à 105,14 mb/j en 2025, l’Afrique ne représente qu’à hauteur de 6,40% de la production d’or noir brut du monde, selon les données de l’OPEP.

Pourtant, le continent dispose de réserves de pétrole conséquentes. En effet, la Libye, le Nigeria, l’Algérie, l’Angola et l’Égypte concentrent à eux seuls des réserves estimées à plus de 120 milliards de barils de brut. Et le continent est crédité d’environ 10% des réserves mondiales. Ces estimations ne tiennent pas compte des découvertes récentes dans de nombreux pays africains (Niger, Ouganda, Sénégal, Côte d’Ivoire, Ghana…). La Libye dispose des plus importantes réserves de pétrole au niveau du continent africain estimées entre 48 et 50 milliards de barils de pétrole, devant le Nigeria (37 milliards de barils) et l’Algérie (12 milliards de barils).

Malgré ces importantes réserves, la production de brut au niveau du continent reste très faible. La production africaine cumulée représente à peine 71% de la production de l’Arabie Saoudite (9,472 mb/j), troisième producteur mondial derrière les États-Unis (13,60 mb/j) et la Russie (9,129 mb/j).

La faible production pétrolière africaine s’explique par une conjonction de facteurs dont la faiblesse des investissements, l’insécurité ambiante dans de nombreux pays, des environnements des affaires qui n’attirent pas les majors du secteur,…

Au-delà de la faiblesse de la production, celle-ci est en outre fortement concentrée sur une poignée de pays. En effet, les quatre premiers producteurs de pétrole africains -Nigeria, Libye, Angola et Algérie- concentrent 72% de la production de l’or noir du continent. Il s’agit de pays rentiers dont les économies reposent presque uniquement sur les hydrocarbures.

Et comme lors des années précédentes, c’est le Nigeria qui se maintient à la tête des premiers producteurs de pétrole du continent avec une production moyenne de 1,516 million de barils par jour (mb/j), en hausse de 6,31% par rapport à l’année précédente, pesant autour de 22,54% de la production africaine. La production de brut du pays poursuit son trend haussier mais on est encore très loin de sa production record de 2,5 mb/j enregistrée en décembre 2005. L’épuisement des champs pétroliers, la faiblesse des investissements, l’insécurité et surtout le siphonage du pétrole par des bandes organisées étaient à l’origine de la baisse continue de la production du pays au cours de ces deux dernières décennies. Toutefois, la situation a commencé à changer depuis quelques années.

Outre la guerre contre le siphonage du pétrole qui faisait perdre aux producteurs jusqu’à 600.000 barils par jour, guerre = qui a commencé à porter ses fruits, la hausse de la production s’explique aussi par l’augmentation des investissements dans l’offshore en eau profonde.

Cette hausse de la production nigériane tombe bien au moment où le pays dispose de capacités importantes de raffinage de son pétrole. Outre la grande raffinerie de Dangote, le gouvernement fédéral a remis en l’état de marche d’autres raffineries, offrant au pays des capacités de raffinage importantes. La transformation locale d’une partie importante du brut du pays permet d’apporter de la valeur ajoutée à la production pétrolière locale et de réduire les importations de produits pétroliers raffinés, permettant ainsi au pays de générer des recettes en devises liées aux exportations des produits pétroliers et, en conséquence, de conserver ses devises qui jadis servaient à payer les importations de produits pétroliers raffinés (essence, gasoil, kérosène…).

La production devrait continuer à croître grâce aussi aux investissements en cours et annoncés. A ce titre, on peut citer l’un des plus importants investissements du secteur énergétique mondial actuellement, avec une enveloppe de 20 milliards de dollars, initié par Shell dans le projet offshore en eau profonde (gisement Bonga situé à 120 km des côtes nigérianes). Le groupe a annoncé cet investissement en avançant la stabilité économique, l’amélioration de l’environnement des affaires et du cadre règlementaire instaurés par la gouvernance du président Bola Tinubu. Grâce à cet important projet et à de nombreux autres en cours de développement, le Nigeria devrait voir sa production de brut croître au cours des prochaines années.

Derrière, suit la Libye avec une production en hausse de 18,68% à 1,296 mb/j en 2025. Une augmentation qui s’explique essentiellement par la baisse des tensions politiques en 2025, notamment autour des champs pétroliers. En dépit des plus importantes réserves de pétrole du continent, la Libye, à cause de la crise politique qui a entrainé la coexistence de deux exécutifs à Tripoli et à Benghazi, a du mal à attirer des investisseurs dans le secteur des hydrocarbures et de retrouver ses niveaux de production d’avant la révolution. Afin d’augmenter la production, la Libye a signé un accord pétrolier de plus de 20 milliards de dollars sur 25 ans avec les groupes français TotalEnergies et américain ConocoPhilips, en marge du «Sommet de l’Énergie et de l’Économie de la Libye 2026» qui s’est tenu du 24 au 26 janvier 2026. Ces investissements devraient augmenter fortement la production libyenne et générer des revenus supérieurs à 376 milliards de dollars en 25 ans. La Libye a les atouts pour devenir le premier producteur de pétrole africain dans les toutes prochaines années.

Le trio de tête est complété par l’Angola avec une production de 1,10 mb/j en hausse de 10%, mais qui perd la seconde place au profit de la Libye à cause du déclin des gisements pétroliers. Le pays essaye de maintenir une production supérieure à 1,1 mb/j jusqu’en 2030. Seulement, pour l’Angola, le pétrole représente plus de 90% des exportations et 65% des recettes fiscales.

L’Algérie aussi a vu sa production augmenter de 3% pour s’établir à 934.000 barils par jour (b/j) en 2025. Cette légère hausse atteste de la difficulté de l’Algérie à augmenter sa production de brut à cause notamment du déclin des gisements pétroliers du pays et du manque d’investissements dans le secteur.

En dehors de ces quatre grands producteurs de pétrole africains, les autres petits producteurs sont l’Égypte (500.000 b/j), le Congo (259.000 b/j) et le Gabon (227.000 b/j).

Les autres sont des producteurs mineurs: Soudan du Sud (113.000 b/j), Tchad (100.000 b/j), l’Afrique du Sud (100.000 b/j), le Ghana (100.000 b/j), la Guinée équatoriale (57.000 b/j)… A ceux-ci il faut ajouter la Côte d’Ivoire, le Sénégal dont la production a démarré en 2025,…

Les 7 premiers producteurs de pétrole d’Afrique en 2025

PaysProduction en 2025Production en 2024 Variation 2025/2024 (%)
Nigeria15161426+6,31
Libye12961092+18,68%
Angola11001000+10%
Algérie934907+3%
Egypte500550-9,10%
Congo259253+2,37%
Gabon227222+2,25%

Source: OPEP et autres sources

Enfin, il faut souligner que globalement la production de pétrole est exportée à l’état brut. Et tout en étant exportateur de brut, l’Afrique est aussi et surtout importateur de produits raffinés faute de raffineries dans de nombreux pays. Une situation qui commence à évoluer au cours de ces dernières années grâce au lancement et à la rénovation de nombreuses raffineries dans de nombreux pays africains. En tête de ces réalisations la méga-raffinerie d’Aliko Dangote d’une capacité de 650.000 barils/jour qui satisfait aujourd’hui les besoins énormes du Nigeria et assure l’approvisionnement de nombreux pays africains.

Par Moussa Diop
Le 28/01/2026 à 12h09