Mauritanie: le FMI autorise un décaissement de 65,9 millions de dollars

Le FMI a approuvé un accord de 42 mois au titre de la facilité élargie de crédit à la Mauritanie

Le 29/01/2026 à 11h15

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international a validé de nouveaux décaissements de 65,9 millions de dollars de droits de tirage spéciaux, portant l’appui financier total à 191,8 millions de dollars conformément aux objectifs macroéconomiques et de réformes structurelles du pays.

Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a donné son feu vert à un nouveau décaissement en faveur de la Mauritanie, à l’issue de plusieurs examens des programmes appuyés par l’institution.

Cette décision ouvre la voie à un décaissement immédiat de 65,88 millions de droits de tirage spéciaux (DTS), soit environ 91 millions de dollars américains, correspondant à près de 84 millions d’euros, selon un communiqué publié à Washington.

Ces financements s’inscrivent dans le cadre de l’accord mixte de facilité élargie de crédit (FEC) et de facilité élargie de financement (FEF), d’une durée de quarante-deux mois, approuvé en janvier 2023, ainsi que de la facilité pour la résilience et la durabilité (FRD), validée en décembre 2023.

Le décaissement se compose de 6,44 millions de DTS au titre de la FEC et de la FEF, et 59,44 millions de DTS relevant de la FRD. Au total, les montants cumulés versés à la Mauritanie depuis le lancement de ces programmes atteignent désormais 191,8 millions de DTS, soit environ 258 millions de dollars, équivalant à près de 237 millions d’euros.

Dans son évaluation, le FMI met en avant la résilience de l’économie mauritanienne dans un environnement international marqué par des incertitudes persistantes. La croissance économique s’est établie à 6,3% en 2024, portée notamment par la dynamique des secteurs non extractifs. Un ralentissement est toutefois attendu en 2025, avec une croissance projetée à 4,2%, en raison d’une contraction du secteur extractif, pilier historique de l’économie du pays.

À moyen terme, les perspectives demeurent «favorables» selon l’institution, soutenues par la poursuite des investissements publics dans les infrastructures et par une implication accrue du secteur privé. Le FMI souligne cependant que ces perspectives restent exposées à des risques externes, liés à la conjoncture mondiale, ainsi qu’à des facteurs régionaux, notamment sécuritaires.

Sur le plan de l’exécution des programmes, le FMI estime que les résultats sont conformes aux engagements pris par les autorités mauritaniennes. Tous les critères de performance quantitatifs fixés à fin juin 2025 ont été respectés, tandis que la majorité des repères structurels associés aux accords FEC et FEF ont été mis en œuvre. Les réformes inscrites dans le cadre de la facilité pour la résilience et la durabilité progressent également, même si leur rythme est jugé plus graduel.

Cette appréciation positive reflète, selon l’institution, une conduite des politiques économiques caractérisée par la prudence et la cohérence.

À l’issue des délibérations du Conseil, le directeur général adjoint du FMI, Kenji Okamura, a salué des politiques «bien calibrées», contribuant à préserver les équilibres macroéconomiques.

Le FMI met en exergue les avancées réalisées en matière de gestion budgétaire. L’adoption et l’institutionnalisation d’un ancrage budgétaire constituent, selon lui, un élément central de la stratégie des autorités, permettant de stabiliser la trajectoire de la dette publique. Dans le même temps, une réduction du déficit du compte courant est attendue en 2025, tandis que les réserves internationales demeurent à des niveaux jugés adéquats.

Sur le front monétaire et financier, l’institution souligne l’importance de la modernisation du cadre de politique monétaire de la Banque centrale de Mauritanie. L’approfondissement du marché des changes et le renforcement de la réglementation prudentielle du secteur bancaire sont identifiés comme des leviers essentiels pour accroître la résilience de l’économie face aux chocs externes.

Au-delà des équilibres macroéconomiques, le FMI appelle à accélérer les réformes structurelles afin de soutenir une croissance plus inclusive et moins dépendante des industries extractives. Les priorités identifiées portent notamment sur l’amélioration de la gouvernance, le renforcement du climat des affaires et l’investissement dans le capital humain.

Ces chantiers sont présentés comme déterminants pour consolider les acquis macroéconomiques et élargir les bases de la croissance, dans un pays où les ressources naturelles continuent de jouer un rôle central, mais où les autorités cherchent à diversifier les moteurs de développement.

Pour Nouakchott, l’appui financier et technique du FMI apparaît ainsi comme un levier, à la fois de stabilisation à court terme et d’accompagnement des transformations structurelles à plus long terme.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 29/01/2026 à 11h15