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Algérie: trois figures de la contestation retrouvent la liberté, après 24h de détention

Mise à jour le 12/06/2021 à 10h12 Publié le 12/06/2021 à 10h07 Par Le360 Afrique - Afp

#Politique
Algérie: trois figures de la contestation retrouvent la liberté, après 24h de détension

Karim Tabbou, Ihsane El Kadi (avec un proche) et Khaled Drareni.

© Copyright : DR

#Algérie : Les trois figures du Hirak, mouvement de contestation algérien, arrêtées jeudi à la veille des élections législatives, ont été libérées dans la nuit de vendredi à samedi après plus de 24 heures de détention, selon leurs proches et une association de soutien.



"Khaled Drareni, Ihsane El Kadi, Karim Tabbou relâchés", a indiqué le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) sur sa page Facebook.

Le frère de Karim Tabbou et la station Radio M, dont Ihsane El Kadi est directeur et à laquelle collabore Khaled Drareni, ont également fait état de leur libération après plus de 24 heures de détention "injustifiée".

Ils "ont été relâchés tard dans la nuit de vendredi à samedi, du lieu de leur détention par la Direction générale de la sécurité intérieure", a précisé Radio M. sur son site.


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"+Libre+ après 30 heures à la caserne Antar. Sentiment d'absurde. Je persiste. Des législatives sous état de siège aggravent la crise", a ensuite confirmé le directeur de Radio M.

Les trois hommes étaient détenus au centre Antar, une caserne de la périphérie d'Alger connue pour être un lieu d'interrogatoire des services de sécurité, selon des avocats.

Ils avaient été arrêtés jeudi, à 48 heures des législatives anticipées censées apporter une nouvelle légitimité au régime mais rejetées par le Hirak et une partie de l'opposition, sur fond de répression généralisée. Les bureaux de vote ont ouvert samedi à 07H00 GMT.

- Plus de 220 détenus -


Après avoir couvert une manifestation du Hirak en mars 2020, Khaled Drareni avait été condamné à deux ans de prison pour "incitation à attroupement non armé" et "atteinte à l'unité nationale".


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Directeur du site d'information Casbah Tribune et correspondant en Algérie pour la chaîne francophone TV5 Monde et pour Reporters sans frontières (RSF), il avait été remis en liberté provisoire en février et attend depuis un nouveau procès, sous contrôle judiciaire.

M. Tabbou a été libéré le 29 avril sous contrôle judiciaire après une altercation avec Bouzid Lazhari, le président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), un organisme officiel.

Emprisonné de septembre 2019 à juillet 2020, M. Tabbou est une figure très populaire du Hirak.

Quant à Ihsane El Kadi, il avait été placé sous contrôle judiciaire le 18 mai.

Il est poursuivi, à la suite d'une plainte déposée par le ministre de la Communication Amar Belhimer, pour "atteinte à la sécurité et l'intégrité de l'unité nationale" et "publications qui nuisent à l'intérêt national", selon Radio M.

Aux termes du contrôle judiciaire, il est interdit à Ihsane El Kadi et à Khaled Drareni de parler à la presse.

Leur arrestation a eu lieu alors qu'un groupe de journalistes français se trouve à Alger depuis mercredi pour couvrir le scrutin de samedi. M. Drareni avait été interviewé jeudi par un média français.

Au moins 222 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles en Algérie, selon le CNLD.

Le 12/06/2021 Par Le360 Afrique - Afp

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