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Burkina Faso: l’aéroport international de Bobo-Dioulasso en détresse

Mise à jour le 07/04/2017 à 11h25 Publié le 07/04/2017 à 10h47 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé

#Economie
Burkina Faso. Aviation civile: l’aéroport international de Bobo-Dioulasso en détresse

l’aéroport international de Bobo-Dioulasso, l’un des plus grands de la sous-région Ouest-africaine est en détresse

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#Autres pays : Depuis quelque temps l’aéroport international de Bobo-Dioulasso, l’un des plus grands de la sous-région ouest-africaine, ne reçoit que deux vols par semaine. Ils sont assurés par la compagnie nationale, Air Burkina.

Alors qu'il était promis à un bel avenir, l’aéroport international de Bobo-Dioulasso est finalement un vrai raté en termes d'exploitation. Il existe depuis les années 1930 et s’est au fil des temps adapté aux normes aéroportuaires internationales. Aujourd’hui, il est devenu un des symboles de l’agonie de la capitale économique du Burkina Faso. Malgré sa rénovation à grands frais, pour le mettre aux normes internationales, cet outil de désenclavement de la deuxième ville du Burkina traverse une véritable crise.

 Un tarmac de 5 km


Depuis un certain temps, l’infrastructure connaît un désœuvrement total. Chaque semaine, l’aéroport enregistre tout au plus deux vols. Et pourtant c’est un aéroport qui dispose d’un tarmac qui fait environ 5 km contre celui de Ouagadougou qui est de 3 km. L’aéroport  est tellement vaste et si bien équipé qu'il est impossible à rentabiliser avec deux vols domestiques hebdomadaires.

Le weekend dernier, s’est tenue la cérémonie d’ouverture de la première édition des journées portes ouvertes de l’aviation civile au Burkina Faso. Lors des différents discours, les organisateurs ont donné les résultats enregistrés en 2016 par les plateformes aéroportuaires de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso.
 

un terminal fruitier inutilisé


Sur près de 500.000 personnes transportées en 2016, l’aéroport international de Bobo-Dioulasso n'en totalise que 16.815 soit environ 4%. Pire, sur 8.700 tonnes de marchandises transportées, aucune n’a transité par Bobo alors que «l’aéroport dispose d’un terminal fruitier». Sur 11.824 mouvements d’avion en termes de décollage et d’atterrissage, Bobo-Dioulasso en totalise 713 soit 6%. Ces chiffres ont choqué les Bobolais qui estiment que la ville de Sya a perdu son titre de capitale économique au profit de Ouagadougou qui cumule les deux titres à savoir la capitale politique et économique.

Pour le célèbre comédien Mahamadi Sawadogo alias Balla dans la série télé Bobodiouf et natif de la ville de Bobo-Dioulasso, les autorités ont délaissé la ville. Selon lui, au lieu de mettre cet ouvrage en valeur, les autorités ont préféré en construire un autre. «On n'a pas besoin d’être économiste pour savoir que c' est un gâchis. La piste va se détériorer par le manque d’exploitation. Combien de compagnies l’exploitent?  Air Burkina deux fois dans la semaine, la Colombe vient à peine de démarrer ses vols et l’armée de l’air n'y atterrit que très occasionnellement», constate-t-il.
 

L’aéroport de Bobo un hub pour des vols internationaux


Une mesure radicale peut être prise pour faire de l’aéroport de Bobo un hub où la plupart des vols internationaux viendraient atterrir. Le Maroc l’a fait avec Casablanca. «Le rôle de l’Etat ne s’arrête pas à l’octroi de facilités. L’accompagnement des pouvoirs publics peut également prendre la forme de signature de contrats avec les compagnies pour le transport des agents publics. Que ce soit dans le cadre d’une mission officielle ou à titre privé, des modalités peuvent être trouvées pour amener les fonctionnaires à avoir le réflexe de l’avion quand ils veulent se rendre à Bobo-Dioulasso», martèle l'acteur.

Cependant, si beaucoup s’indignent de cette situation, le ministre des Transports a pris des engagements pour la redynamisation de l’aéroport international de Bobo-Dioulasso. Une initiative qui a été saluée, même si les Bobolais préfèrent juger sur pièces, plutôt qu'apprécier de simples promesses.
Le 07/04/2017 Par notre correspondant à Ouagadougou Ibrahima Zallé