À Conakry, dans une salle de classe de terminale, l’ambiance est studieuse mais parfois hésitante. Les élèves débattent d’un thème historique lié à la colonisation.
L’exercice, initié par leur professeur, vise à stimuler la réflexion et l’expression orale, avec l’option d’améliorer le niveau des élèves. Mais au fil des prises de parole, certaines limites apparaissent, notamment dans la maîtrise du langage et la structuration des idées.
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Pour le professeur de français Mamadou Barry, ces lacunes sont visibles mais doivent aussi être analysées à la lumière du contexte scolaire. «Au-delà de quelques erreurs langagières que nous ne pouvons pas trop les reprocher parce qu’ils sont en classe de douzième année, on peut dire que le niveau de langage peut néanmoins être amélioré».
Pour le professeur, la situation est alarmante, mais pas encore au stade de crise.
Dans la classe, malgré ces difficultés, certains élèves tentent de tirer profit de l’exercice pour parfaire leurs niveaux.
Le débat devient pour eux une opportunité d’exprimer leurs idées et de s’impliquer davantage dans le processus d’apprentissage.
Pour Oumou Diallo, cette expérience a surtout révélé une participation plus active, notamment de la part des filles. «Le point de satisfaction, c’est le fait que les filles se soient beaucoup démarquées et elles ont participé au débat, une participation excellente. C’est surtout ce qui m’a beaucoup soulagé. J’ose croire que les stéréotypes que nous avons sur la gente féminine pourra changer. Le débat n’était vraiment pas facile pour les deux camps. Mais on a eu la chance de débattre ensemble, de faire des recherches. Et je trouve que l’initiative du prof est vraiment exceptionnelle. Il nous a permis, grâce à cet exposé, débattre ici ensemble, de parler sans crainte ni peur».
Derrière cette participation encourageante, d’autres défis apparaissent cependant, notamment dans l’organisation du travail personnel et la manière dont les élèves s’approprient les connaissances.
Plusieurs d’entre eux reconnaissent eux-mêmes leurs difficultés à structurer leur apprentissage et à développer une autonomie intellectuelle. C’est ce que tente d’exprimer Enor Delamou, également élève dans la classe, en évoquant les efforts nécessaires pour mieux se préparer et assimiler les connaissances. «Cela passe par la préparation, les prises d’initiatives individuelles, le travail individuel ainsi que le développement moral et intellectuel aussi. Il faut s’appuyer sur la transmission de ce que nous avons appris. Comment le faire? Est-ce qu’on doit faire telle chose? Est-ce qu’on doit s’appuyer sur les copies que nous avons envoyées ou ce que nous avons appris mentalement?»
Entre manque de préparation, difficultés d’expression et besoin d’accompagnement pédagogique, cette séquence de débat met en lumière une réalité souvent évoquée dans le système éducatif guinéen: la nécessité de renforcer les méthodes d’apprentissage et de redonner aux élèves les outils nécessaires pour améliorer leur niveau académique.



