Mauritanie: les professionnels de la musique face à de nombreuses contraintes

Le 23/02/2026 à 09h33

VidéoL’industrie de la musique offre d’importantes opportunités aux jeunes quand les États mettent en place des environnements favorables. En Mauritanie, malheureusement, les professionnels du secteur déplorent de nombreuses entraves à l’épanouissement de leurs activités.

Dans un contexte de développement fulgurant de l’économie numérique, l’industrie musicale est considérée comme un levier de progrès, capable d’offrir d’importantes opportunités aux jeunes, à l’ensemble de la société et aux États aptes à créer un cadre favorable à l’épanouissement des activités dans ce domaine.

Mais dans le cas de la Mauritanie, acteurs culturels, promoteurs et musiciens déplorent de multiples contraintes administratives, logistiques et financières par rapport à l’organisation d’un écosystème favorable au développement des activités et sollicitent une oreille plus attentive des autorités.

Plongée dans un univers particulier

Papis Koné, professeur de musique, président de l’association Fajr présente les activités de l’organisation qu’il dirige et donne des indications sur le mode de financement. «Fajr est une association qui a pour objectif de favoriser l’éducation musicale auprès des jeunes. Nous avons un centre de formation aux métiers de la musique pour les jeunes mauritaniens et étrangers qui n’ont pas les moyens de se payer les cours. En même temps, nous dispensons des cours dans le milieu carcéral, au profit des mineurs en conflit avec la loi. Le financement du centre est tiré des cours que nous donnons aux jeunes expatriés et mauritaniens ayant les moyens de payer pour leurs enfants».

Ces différentes sources de revenus permettent de faire face aux charges fixes: loyer, eau, électricité, Internet.

Les autres appuis évoqués par Papis Koné viennent de l’ONG GRDR pour la prise en charge des prestations au profit des mineurs en conflit avec la loi, de l’Institut français de Mauritanie (IFM) et de Terre des Hommes.

Dans cette liste, aucune institution publique

Oumoulkhairy Konaté, coordinatrice générale du projet «Empreinte Art» explique que cette appellation désigne «une initiative commune avec Oumou Sy (artiste) visant à former des artistes et des entrepreneurs soucieux d’investir dans le domaine de la musique et des activités culturelles, toutes les personnes qui contribuent à la promotion de l’art en Mauritanie».

Évoquant les contraintes liées à l’environnement, elle cite «des promesses non tenues. Nous sommes de jeunes personnes désireuses de contribuer au développement et à l’innovation dans notre pays. Mais nous n’avons pas la parole. Nous ne sommes pas écoutés et réclamons une oreille plus attentive des autorités» pour aider à lever les contraintes administratives, financières et logistiques, rencontrées dans le cadre de nos activités.

Saïdou Sow, lead vocal du groupe musical «Walfajr», explique: «Nous avons pris conscience de la nécessité de préparer la relève, sur la base du constat qu’il y avait plus de chanteurs que de musiciens, et il fallait en former». Cette prise de conscience a abouti à la création d’une association en 2009 et la mise sur pied du groupe musical en 2015. Il déplore également un environnement marqué par de multiples contraintes.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)
Le 23/02/2026 à 09h33