Sénégal: combien gagnent les conférenciers, véritables stars de Ramadan?

Oustaz Taïb Socé, l’une des voix les plus influentes de la prédication islamique au Sénégal.

Le 19/03/2025 à 14h40

VidéoDurant Ramadan, les fidèles fréquentent plus assidument les lieux de culte où sont animées des causeries religieuses par des conférenciers, véritables stars qui multiplient les prestations pendant cette période de jeûne. Cette popularité fait dire à certains que ces érudits gagnent des fortunes. Est-ce vrai?

L’un des chanteurs religieux les plus sollicités durant cette période, Basse Sam Seck, explique cette ferveur particulière «le Sénégal est une terre de foi, où de grands hommes ont chanté et célébré le Prophète (PSL). Nous suivons leurs traces, et c’est cette tradition qui fait que nous sommes tant demandés pour interpréter des chants religieux pendant le Ramadan», affirme-t-il.

Mais si la musique religieuse berce les cœurs des croyants, les prêches et les conférences prennent également une place centrale. Un nom s’impose naturellement dans ce domaine celui de Oustaz Taïb Socé, l’une des voix les plus influentes de la prédication islamique au Sénégal.

Reconnu pour son érudition et son engagement indéfectible dans l’enseignement du Coran et de la vie du Prophète, il est une référence pour de nombreux Sénégalais. Pourtant, malgré cette reconnaissance, il demeure humble et rappelle l’essence même du mois de Ramadan. «Dieu multiplie les bonnes actions durant le Ramadan. C’est pourquoi nous constatons une recrudescence des conférences et des tafsirs (exégèses du Coran), non seulement au Sénégal, mais partout dans le monde. C’est un mois de promotion spirituelle, et les croyants en profitent car Allah promet des récompenses infinies» souligne-t-il.

Pour ses fidèles auditeurs et spectateurs, Oustaz Taïb Socé est bien plus qu’un simple conférencier. Son enseignement, empreint de vérité et de pédagogie, impacte profondément ceux qui l’écoutent.

Abdou Diop, un fervent adepte de ses prêches, témoigne. «Oustaz Taïb Socé est un érudit dont le savoir dépasse nos frontières. Il fait la fierté du Sénégal et même du monde entier. Aujourd’hui encore, il nous parle de l’éducation et de son importance. Ses prêches ramènent les égarés vers Dieu et renforcent notre foi.»

Dans l’imaginaire collectif, les conférenciers religieux gagneraient des fortunes pendant le Ramadan, étant sollicités plus que jamais. Une idée que Taïb Socé réfute catégoriquement. «Les Sénégalais pensent que les conférenciers amassent des millions durant le Ramadan. Mais c’est une simple croyance populaire. Aucun ne gagne 500.000 (762 euros) ou 1 million de francs CFA (1524 euros) par conférence. En plus, la plupart des oustaz redistribuent tout ce qu’ils perçoivent aux démunis. Mon téléphone est inondé de messages de sollicitation. Certains pensent que j’ai beaucoup d’argent, mais tout ce que je reçois durant ce mois, je le partage avec les frères musulmans dans le besoin

Entre ferveur, enseignement et solidarité, le Ramadan au Sénégal demeure un moment de dévotion intense, où chaque croyant trouve un moyen d’approfondir sa relation avec Dieu.

Par Moustapha Cissé (Dakar, correspondance)
Le 19/03/2025 à 14h40