Bamako. Facteur de paix et source de revenus: l’artisanat fédère les créateurs du Sahel

L'art touareg fortement représenté au SIAMA 2025.

Le 29/11/2025 à 11h02

VidéoLe salon de l’artisanat, jusqu’au 7 décembre à Bamako, est la vitrine d’un savoir-faire qui ne manque pas d’arguments pour séduire le marché international. Créatif et concurrentiel, l’artisanat marocain y est représenté par la Chambre de la région de Rabat. Cette «invitée spéciale» a noué un partenariat avec son homologue des métiers du Mali.

Le Burkina Faso, le Niger et le Maroc représenté par la Chambre d’artisanat de la région de Rabat-Sale-Kenitra prennent part à Bamako au Salon international de l’artisanat, un secteur «facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle».

La cérémonie d’ouverture a été présidée par le chef du gouvernement, le général de division Abdoulaye Maïga selon lequel «l’artisanat joue un rôle important dans la vie socioéconomique et culturelle du Mali et contribue à hauteur de 24,2% au PIB et emploi plus de 40% de la population active».

Fort de son assise économique et sociale, ce secteur «contribue à asseoir la paix, la cohésion sociale et le développement durable dans nos communautés», selon le Premier ministre.

Mais l’artisanat du Mali recèle des richesses encore sous-exploitées. La participation à ce Salon de la Chambre d’artisanat de la région de Rabat-Sale-Kenitra (Maroc) n’est due au hasard.

La signature d’une convention de partenariat avec l’Assemblée permanente des Chambres de métiers du Mali et la formation des artisans maliens dans différents métiers est prévue dans le cadre de cet évènement.

En coopérant avec le Maroc, le secteur de l’artisanat malien pourra donc bénéficier d’un savoir-faire reconnu à l’international. Selon les chiffres officiels de 2022, «les 13 filières et 172 activités (de l’artisanat) génèrent un chiffre d’affaires de 147,4 Milliards de Dirhams et une valeur ajoutée de 97,6 Milliards de Dirhams, soit des taux de croissance annuels moyens de 4,9% et 5,2% respectivement. Le secteur réuni 2,4 millions d’emplois directs, soit 2 marocains actifs sur 10, sans compter les emplois indirects

En attendant que cette coopération prenne corps, le Salon de Bamako attire professionnels des pays de l’Alliances des Etats du Sahel et grand public.

Bara Soumayila, artisan burkinabé, explique que «les artisans ont apporté une diversité de produits burkinabé allant du Faso Danfani au chapeau de Saponé de même que des produits de maroquinerie et de bronze. Ces articles sont la preuve de la capacité des artisans burkinabé de fabriquer des produits de belle facture».

Venu du Niger, le directeur général de l’artisanat Ari Kolo Amadou estime que «nos peuples ont compris qu’ils doivent en priorité consommer ce qu’ils produisent et prendre leur destin en main».

Mamadou Traoré, tailleur malien a jeté son dévolu sur les tissus traditionnels comme les tissus indigo, les pagnes tissés, le bogolan et les tenues traditionnelles, «je remercie les autorités de la transition d’avoir mis en valeur la culture malienne à travers l’année de la culture».

Mariam Dembélé, qui en est à sa première participation explique que «ce salon nous offre l’opportunité de montrer notre savoir-faire aux autres et de nouer des relations commerciale solides».

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 29/11/2025 à 11h02