L’axe Labé–Mali, pourtant vital pour les échanges économiques et sociaux, est aujourd’hui synonyme de souffrances pour les populations. Le trajet, qui peut prendre dix heures pour à peine 100 km, illustre l’ampleur des difficultés rencontrées par les usagers.
Pour Moustapha Souaré, habitant de Mali, le constat est sans appel. «Actuellement, pour parcourir le trajet Labé–Mali, et surtout Mali–Kédougou il faut six heures. Pourquoi ce retard sur l’axe Labé–Mali? Parce qu’il y a eu quelques réparations et que les travaux ont démarré, des travaux que l’État a confiés à plusieurs sociétés. Les travaux ne concernent qu’une toute petite partie de la route alors que le tronçon le plus dégradé est celui de Yembering–Mali . On peut mettre jusqu’à quatre heures sont perdues entre Yembering et Mali-Centre».
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Au-delà des difficultés de circulation, cette situation a un impact direct sur le développement local. Selon le même témoignage, la route constitue un pilier du plan de développement de la préfecture, aujourd’hui paralysé.
M. Souaré/Le360 Afrique
«Cette situation constitue un véritable blocus pour le développement de la préfecture de Mali, car cette route fait partie intégrante de son plan de développement. Il est quasi impossible pour les cultivateurs, qui produisent de la pomme de terre et du choux, d’acheminer leurs produits vers Labé. Faute de route praticable, nous sommes obligés d’acheminer ces produits vers le Sénégal. Pourquoi? À cause du manque d’infrastructures routières».
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Les chauffeurs vivent quotidiennement les conséquences de cet état de dégradation. Manœuvrant avec difficulté et avançant lentement pour limiter les dégâts sur leurs véhicules, ils font face à des coûts de maintenance de plus en plus élevés.
Alpha Oumar Diallo, chauffeur, témoigne: «Nous souffrons énormément sur cette route qui relie la ville de Mali à Kédougou au Sénégal. La route est très mauvaise, surtout en saison pluvieuse. Actuellement, c’est la poussière et l’état chaotique de la route qui nous fatiguent. Nous sommes souvent tenus de passer par Lébékérin. Conséquence, nos voitures tombent souvent en panne. Les pièces détachées sont chères et coûtent entre 2 et 3 millions. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide».
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Entre pertes économiques, enclavement et détérioration des moyens de transport, les usagers appellent à une réhabilitation complète et durable de cet axe stratégique, indispensable non seulement à la mobilité, mais aussi à l’avenir économique de toute la région de Mali.
À noter que la route Labé–Mali est financée principalement par la Banque islamique de développement, à hauteur d’environ 160,8 millions d’euros, avec l’appui de la Banque africaine de développement, de la BOAD et de l’État guinéen, dans le cadre d’un projet visant à renforcer la connectivité et le commerce régional.








