Le pays d’Afrique australe, à court de liquidités, est après la Russie le deuxième producteur mondial de diamants, qui représentent environ un tiers de son PIB.
Dans son document de stratégie budgétaire 2026/2027 publié mardi, le ministère des Finances évalue ses réserves à 12 millions de carats fin décembre 2025, soit bien au-dessus du plafond de 6,5 millions de carats.
«Cela suggère qu’à court terme, la production devrait rester essentiellement inchangée, jusqu’à ce que le niveau des stocks se rapproche des seuils minimaux autorisés, créant ainsi une marge de manœuvre pour une production supplémentaire», selon le texte.
Ce repli a été accentué par un ralentissement des achats aux États-Unis et en Chine, les principaux marchés mondiaux, où les détaillants ont réduit leurs commandes en raison d’une préférence pour les pierres artificielles, moins chères.
Des droits de douane américains de 15%, et d’autres plus élevés encore sur des marchés clés comme l’Inde, pourraient prolonger la faiblesse des prix et réduire davantage les marges, a estimé le ministère.
Le prix des diamants bruts devrait atteindre 99,3 dollars le carat, contre 128,8 dollars en 2024: «Si les prix chutent en dessous de ce niveau au cours des derniers mois de cet exercice financier, les recettes minières pourraient être inférieures aux prévisions actuelles», avertit-il.
Les prévisions de recettes minières pour 2025-2026 sont actuellement de 10,3 milliards de pulas (770 millions de dollars), soit bien en dessous de la moyenne à long terme de 25,3 milliards de pulas.
«Ce déficit devrait persister à moyen et long terme, avec un risque qu’il ne se résorbe jamais», déplore le ministère.
Le document budgétaire souligne que la crise prolongée du marché mondial du diamant «constitue une menace importante» pour la croissance et prévoit une contraction de près de 1% de l’économie du Botswana en 2025, après -3% l’année précédente.
«Cette situation est aggravée par la baisse des réserves de change et de l’épargne publique, qui restreint encore davantage la marge de manœuvre budgétaire et les options en matière de politique de change».
Le Botwsana, désertique à 70%, s’est extrait de la pauvreté après la découverte de diamants dans les années 1960.
Il figure parmi les gouvernements et entreprises africains souhaitant acquérir une participation dans De Beers, leader mondial du diamant, après le retrait du géant minier Anglo American, confronté à un ralentissement général du secteur.
