Selon la précédente loi, adoptée en 1993, une entreprise à caractère stratégique est une société à capitaux publics dont la privatisation peut constituer une «menace à l’équilibre social». Le texte n’interdisait toutefois pas la privatisation de ces entreprises qu’il chiffrait au nombre de 15, évoluant notamment dans les secteurs de l’énergie, des ressources stratégiques (or), des télécommunications, de la défense ou des infrastructures (aéroport).
Lundi, l’Assemblée législative du peuple, parlement de transition au Burkina, a voté, sur proposition du gouvernement, une nouvelle loi interdisant désormais leur privatisation.
La loi vise à «améliorer de manière significative le service public d’intérêt» en ciblant les établissements dont l’activité «touche à la souveraineté nationale, à la sécurité nationale ou dont l’activité contribue fortement au développement et à l’équilibre social», selon le rapport parlementaire.
«Nous devons tous prendre conscience que ce n’est pas en bradant nos outils de souveraineté, nos outils de production à d’autres acteurs que le développement pourra se créer chez nous», a déclaré le ministre de l’Industrie et du Commerce Serge Poda devant les députés.
La loi «vise seulement à protéger certains secteurs d’intérêt sans compromettre leur attractivité économique», a-t-il assuré.
La liste opérationnelle des sociétés stratégiques sera publiée prochainement par un décret.
Le Burkina Faso est gouverné par une junte qui a pris le pouvoir en septembre 2022 par un coup d’État et qui a fait du souverainisme économique une de ses priorités.
