Mali. Sans carburant, le moteur de l’économie tourne au ralenti

Un réparateur de moto à Bamako.

Le 30/11/2025 à 11h35

VidéoDepuis quelques mois le Mali est confronté à une pénurie de carburant poussant de nombreux usagers à passer 24 heures, voire une semaine, pour avoir du carburant pour leur engin. Commerçants, artisans et transporteurs sont les premiers impactés.

L’approvisionnement en carburant semble s’améliorer à Bamako, après plusieurs semaines de pénurie due à un blocus imposé sur les convois de camions citernes ravitaillant le Mali. Ce «soulagement prudent» peine à effacer les files d’attente pour se ravitailler, affectant des pans entiers de l’économie nationale.

Fousseyni Ouattara, vendeur de tissus au grand marché de Bamako, explique que «la pénurie de carburant impacte mon commerce. Si les clients passent commande, le commerçant, lui, est obligé de livrer les marchandises. Il arrive même que mes clients ne peuvent faire le déplacement jusqu’à ma boutique faute d’essence».

Et les ennuis ne s’arrêtent pas là «il y a aussi nos clients qui sont dans des régions, nous devons aller déposer leurs commandes à la gare et on ne peut pas le faire actuellement faute de carburant».

Issa Diakité, un autre commerçant au marché de Kalaban-Coura, atteste que «la pénurie provoque des frais supplémentaires lors de la livraison des marchandises. Actuellement, les livreurs exigent un montant supplémentaire sur le prix. Nous sommes bien obligés d’accepter», se désole Issa Diakité qui a «l’habitude de passer la nuit dans les stations sans avoir une goutte de carburant».

Pour sa part, Moussa Kané, transporteur, souligne que «sa compagnie subit de manière significative les conséquences de la pénurie de carburant. Il est préoccupant de voir qu’une compagnie de cette envergure rencontrer des difficultés à effectuer les déplacements uniquement en raison de la pénurie de gasoil. Cette conjoncture pousse les clients à réclamer le remboursement de leur billet», s’inquiet-il.

Il précise «qu’ils ne peuvent pas les retenir face à cette situation indépendante de leur volonté». Cependant, il a tenu à saluer les efforts inlassables de la ministre en charge du département des transports qui contribue actuellement à faciliter la mobilité des concitoyens».

Enfin, Assime Kassogué, réparateur de motos, dit avoir sa propre idée sur l’origine de cette rareté «la pénurie n’est pas aussi préoccupante que beaucoup le pensent mais découle du comportement peu scrupuleux de certains revendeurs de carburants qui augmentent les prix. Mes clients ne peuvent même plus venir jusqu’à mon garage pour les réparations».

Pour assurer un approvisionnement suffisant en carburants, depuis la mi-octobre, le commandement militaire en collaboration avec la Chambre de commerce et les transporteurs, multiplie les convois sécurisés et ainsi éviter une rupture totale des stocks dans les grandes villes du Nord.

Par Diemba Moussa Konaté (Bamako, correspondance)
Le 30/11/2025 à 11h35