Dans sa ferme située à la périphérie de Niamey, Aoussouk Attaïb, accompagné de son jeune assistant, procède au retournement des différentes couches de la compostière.
«Les matières que nous avons injectées sont essentiellement composées de sciure de bios, des déchets ménagers, des résidus agricoles et d’autres déchets jetés dans l’environnement mais biodégradables», explique Aoussouk Attaïb, qui privilégie les engrais naturels aux fertilisants chimiques.
En optant le compostage, cet agriculteur fait bénéficier le sol de son exploitation d’une source importante de matière organique dont elle rallonge la durabilité de la fertilité, rappelle l’Organisation onusienne de l’agriculture et de l’alimentation (FAO).
Cette dernière souligne qu’une terre agricole à laquelle a été incorporé un composte résistera mieux à la sécheresse et à l’érosion. «Ces avantages se manifestent par une réduction des risques pour les cultures, des rendements plus élevés et une réduction des dépenses pour les agriculteurs lors de l’achat d’engrais minéraux».
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Différentes études montrent que l’apport en matière organique permet d’augmenter les rendements de 34 à 65%. En Europe, où l’usage de compost est répandu, les analyses pour la campagne 2025 montrent une dynamique positive pour les cultures utilisant des amendements organiques.
Cependant, la fabrication et l’utilisation d’un compost doivent répondre à certains critères.
À première vue, la production du compost peut paraître simple, elle requiert une certaine expérience et obéit à des conditions spécifiques.
«Pour faire le compostage, il faut suivre une formation spécialisée dispensée par des experts qui maîtrisent la technique», précise Aoussouk Attaïb.
Cette méthode de fertilisation présente de nombreux avantages, notamment sur le plan environnemental.
«Le compostage est une alternative beaucoup moins coûteuse pour fertiliser son sol et nourrir ses plantes. En recyclant les déchets, cette méthode participe également au respect de l’environnement», ajoute l’agriculteur.
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L’exemple de cet agriculteur devrait être répandu à travers tout le Niger, pays sahélien enclavé peuplé d’environ 22 millions d’habitants.
Selon les données officielles, le secteur agricole, 40% du PIB, principale source de revenus pour 80% de la population active, est confronté à une panoplies de contraintes: forte pression sur les terres arables et les ressources naturelles, faible productivité, faible compétitivité sur le marché local (72% des produits sont importés) et extérieur (la part des produits nigériens dans le marché extérieur est de 0,39%).
