L’Office National de l’Électricité et de l’Eau Potable (ONEE) a accueilli, du 30 mars au 2 avril 2026 à Marrakech, la réunion du Comité Scientifique de l’Association des Sociétés d’Électricité d’Afrique (ASEA). Une rencontre continentale qui a réuni environ 150 participants: PDG, Hauts responsables de compagnies électriques, experts et acteurs industriels venant de 24 pays du Continent.
La cartographie quasi complète des décideurs du secteur électrique continental, réunie au Maroc sur invitation de l’opérateur national marocain, n’est pas un hasard de calendrier. C’est l’expression d’un positionnement construit sur la durée.
Cet important évènement traduit le rôle moteur de l’ONEE dans la dynamique de coopération énergétique à l’échelle africaine et sa contribution active à l’émergence d’un système électrique continental plus intégré et durable.
Dans un contexte marqué par une croissance soutenue de la demande en électricité en Afrique et par des mutations profondes liées à la transition énergétique, cette rencontre constitue un cadre stratégique pour partager les expériences, renforcer les synergies entre acteurs du secteur et identifier des solutions adaptées aux réalités du continent.
Le Comité Scientifique de l’ASEA, organe central chargé de l’analyse des problématiques techniques et de l’étude des enjeux communs aux membres, joue un rôle déterminant dans l’orientation des travaux de l’Association.
Structuré autour de plusieurs comités d’études couvrant notamment les énergies renouvelables, la gestion clientèle, la gouvernance, les ressources humaines et la normalisation, il constitue un levier de réflexion et de recommandations au service des utilities africaines.
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Cette rencontre a permis de définir les priorités stratégiques futures, d’organiser les travaux des comités d’études et de préparer les échéances majeures de l’ASEA, notamment le prochain Congrès prévu au Maroc en 2028. Elle contribue ainsi à consolider les mécanismes de coopération technique et à renforcer la capacité collective des acteurs africains à répondre aux défis énergétiques du continent.
Lors de cette rencontre, Tarik Hamane, directeur général de l’ONEE, a formulé l’ambition avec la précision d’un dirigeant qui sait que son institution est observée: le continent africain se trouve «à un moment charnière, marqué par la nécessité d’assurer un accès élargi à une énergie fiable, durable et abordable, tout en accélérant la transition énergétique et en intégrant davantage les énergies renouvelables».
Il a également mis en avant le rôle central de la technologie, de la recherche et de l’innovation pour accompagner ces transformations, ainsi que l’importance d’une coopération africaine renforcée pour relever des défis qui dépassent les cadres nationaux.
Une formulation qui dit simultanément l’urgence du rattrapage (des centaines de millions d’Africains sans accès à l’électricité) et l’exigence de la transformation, notamment décarboner un système électrique encore largement fossile tout en l’étendant.
Une double contrainte qui est précisément celle que les utilities africaines partagent, chacune à des stades différents, et c’est pourquoi le Comité Scientifique de l’ASEA est un organe de pilotage collectif dont les recommandations ont des effets concrets sur les politiques d’investissement et de réglementation.
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Son directeur général a également rappelé que l’ONEE, engagé dans une transformation profonde du système énergétique marocain, sous la Vision éclairée de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, œuvre à moderniser ses infrastructures, à renforcer la résilience du réseau électrique national et à développer des solutions innovantes, notamment dans les domaines du stockage de l’énergie, de la digitalisation et des réseaux intelligents.
Cette dynamique s’inscrit également dans une logique de partage, à l’échelle africaine, d’une expertise et d’un savoir-faire reconnus.
À travers l’accueil de cet événement, l’ONEE confirme son positionnement en tant qu’acteur de référence en Afrique, engagé en faveur de solutions concrètes, durables et adaptées aux enjeux énergétiques du Continent Africain.
Ce que l’ONEE a fait à Marrakech, c’est accueillir la fabrique intellectuelle des décisions électriques africaines. Et en obtenant l’attribution du prochain Congrès ASEA 2028 au Maroc, il a consolidé cette position d’hôte institutionnel du débat continental pour les deux années à venir.
Stockage d’énergie, digitalisation, réseaux intelligents, n’est pas une liste de projets internes à l’ONEE. C’est une offre de partage d’expertise que le Maroc adresse aux pays membre de l’Association des Sociétés d’Électricité d’Afrique (ASEA).
Concrètement, le Maroc dit à ces pays qu’il a des solutions opérationnelles à proposer, pas seulement des positions diplomatiques à afficher. Pour l’Afrique, ce type de leadership technique est plus utile qu’un leadership rhétorique et l’ONEE a manifestement compris la différence.
