Avec plus de 300 délégués étrangers et une centaine d’exposants venus de plusieurs pays, le Salon international des industries et techniques agroalimentaires (SIAGRO) se veut une plateforme pour renforcer les chaînes de valeur, stimuler l’innovation et favoriser les investissements.
Selon Babacar Ngom, président du Groupe Sedima qui opère dans les différentes branches de l’aviculture, «l’agro-industrie n’est pas une option mais une nécessité et représente le cœur de notre indépendance économique, de création d’emploi et la garantie de notre sécurité alimentaire. Mais nous devons faire mieux dans l’intégration de nos chaînes de valeur, dans l’innovation technologique et dans le partenariat public-privé, nord-sud et sud-sud.»
Pionnier de l’aviculture sénégalaise, il a également insisté sur le potentiel encore largement sous exploité. «C’est une filière agricole naissante… mais ces dix dernières années ont été marquées par une forte expansion. Nous devons produire chez nous. Ce n’est pas l’importation qui va nous faire vivre. Nous devons bâtir un secteur fort, dynamique, créateur d’emplois et de fierté nationale.»
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Cette ambition trouve un écho particulier avec la présence remarquée du Maroc, venu renforcer les liens économiques entre les deux pays.
L’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, a annoncé une avancée concrète. «Le groupe marocain Ouakkaha présent ici, à la demande et sur instruction de Monsieur le ministre, s’engage à installer dans l’immédiat une unité de production sur place ici au Sénégal. Je compte sur le soutien du ministère pour les aider à s’installer et à poursuivre ce processus.»
Riche d’une quarantaine d’années d’expertise, le groupe marocain produit par semaine 2 millions d’œufs et plus de 500 poussins grâce à ses 15 fermes de reproducteurs.
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Le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, a rappelé l’ampleur du défi et la nécessité d’une mobilisation collective. «Le prix de notre souveraineté alimentaire, c’est 3000 milliards de francs CFA. Le gouvernement ne peut pas le faire seul. C’est à travers des partenariats public-privé que nous allons y arriver. La 15e édition du SIAGRO est la plateforme qu’il faut pour rassembler le secteur privé, les autorités, les partenaires techniques et financiers, la recherche, les jeunes, les femmes et les représentations diplomatiques.»
L'entrée du Centre des expositions de Dakar où se déroule le Siagro 2026.. M. A. Ndiaye/Le360 Afrique
Au-delà des discours, le SIAGRO 2026 se veut un catalyseur d’actions concrètes: expositions d’innovations, rencontres B2B, conférences d’experts et espaces de networking doivent déboucher sur des projets structurants pour l’économie sénégalaise.
Entre ambitions nationales affirmées et ouverture stratégique vers des partenaires comme le Maroc, le SIAGRO 2026 apparaît comme un tournant.





