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Guinée. Emeutes: la longue attente des commerçants pour leur indemnisation

Mise à jour le 12/05/2017 à 09h30 Publié le 12/05/2017 à 09h24 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Economie
Membres du GOHA

#Guinée : Les commerçants Guinéens attendent impatiemment juin 2017. Pas parce qu'ils vont encore profiter de ce mois de ramadan pour se faire de grands profits, mais parce qu'ils ont l'espoir d'être enfin indemnisés à hauteur de 46 milliards de francs guinéens par l'Etat.

Les commerçants réclament cette indemnisation depuis 2013, l'année pendant laquelle beaucoup d'entre eux ont subi d'importants dégâts matériels les violences qui ont accompagné les élections législatives remportées par le parti au pouvoir. Soutenus par l'opposition, les commerçants ont vu leurs revendications finalement  inscrites parmi les conclusions des accords politiques entre le pouvoir et l'opposition.

Alors que le gouvernement se borne à la réparation des dommages subis en 2013, le Groupe Organisé des Hommes d'Affaires (GOHA) avait élargi la liste des victimes à tous les opérateurs économiques qui ont essuyé des pertes dans les violences socio-politiques vécues dans le pays entre 2007 et fin 2015.  Les chiffres sont donc affolants. Cent vingt huit milliards neuf cent six millions six cent trente mille neuf cent quatre vingt huit francs guinéens (128 906 638 988 FG), c’est le premier résultat auquel ont abouti, en novembre 2015, les premières évaluations du GOHA.


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Deux mois après, les pertes s’évaluaient à  141 617 551 339 FG, suite à « un contrôle rigoureux suivi d’amendements et de corrections.»  « C’est à Conakry que les pertes ont été les plus lourdes. Elles sont estimées à cent trente et un milliards cinq cent soixante deux millions huit cent vingt sept mille trois cent trente-neuf francs guinéens (131 562 827 339 FG) », avait le président  du GOHA, Chérif Abdallah. Toutes ces pertes ont été subies par 546 agents économiques, selon toujours les chiffres du GOHA.

Face à l'obstination du pouvoir à vouloir indemniser que les victimes des violences pré et post-électorale sde 2013, les commerçants n'ont pas d'autres choix que d'accepter. «Ce n'est pas grave, qu'il indemnise d'abord celles-ci, après on verra...», a réagi Chérif Abdallah. Si le GOHA se résigne à accepter ce montant, c'est parce que la plupart des opérateurs économiques se trouveraient aujourd'hui dans des difficultés. «Aujourd'hui, la quasi-totalité des opérateurs économiques guinéens tirent le diable par la queue », s'est plaint mercredi, Abdallah, en conférence de presse.


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D'ailleurs, les chiffres du GOHA ont été modifiés. Alors que l'organisation des hommes d'affaires réclamait 50 milliards de francs guinéens pour les pertes de 2013, le gouvernement  entend indemniser 442 commerçants à hauteur de 46 milliards de francs guinéens. Les membres du GOHA et d'autres opérateurs économiques du pays doivent se résoudre à se partager ce montant, et ils l'attendent d'ailleurs avec impatience. Chérif Abdallah espère que cette fois c'est la bonne annonce. L'année dernière, des rumeurs faisant état d'une indemnisation de certains commerçants au détriment d'autres avaient semé la zizanie à Conakry. «Nous espérons que cette fois l'Etat tiendra promesse. Si ce n'est pas le cas, nous déclencherons des journées sans commerce jusqu'au dédommagement intégral de tous les commerçants», a prévenu le président du GOHA.



Le 12/05/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou