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Guinée-Ramadan 2017: les commerçants cherchent à se laver de la mauvaise réputation

Publié le 11/05/2017 à 17h24 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou

#Société
Membres du GOHA

#Guinée : Souvent accusés de profiter du mois de ramadan pour faire flamber les prix des denrées de première nécessité, les commerçants veulent montrer qu'ils sont accusés à tort. Le GOHA (Groupe organisé des hommes d'affaires) a donc appelé les commerçants à maintenir les prix à défaut de les abaisser.

L'appel de Chérif Abdallah, président du GOHA, est sans précédent. Généralement, c'est le gouvernement qui invite les commerçants à maintenir les prix à l'occasion du mois de ramadan. Cette fois-ci, le Groupe organisé des hommes d'affaires (GOHA) a préféré prendre les devants. «Nous voulons démontrer que nous ne sommes pas responsables de la flambée des prix. Ce sont les politiques qui nous accusent à tort», a-t-il expliqué.

«Mais cette année, nous les mettons en garde. Quiconque accusera à tort les opérateurs économiques fera l'objet d'une poursuite judiciaire. Nous n'allons plus tolérer d'être présentés comme des diables dans ce pays», prévient le président du GOHA. «Ce n'est pas nous qui gérons le pays, mais les politiques. Nous ne faisons que nous conformer à la politique mise en place», a-t-il renchéri.

Si les prix actuels peuvent être maintenus, il n'est pas impossible de les voir baisser. Sauf que les commerçants se lamentent de la situation économique actuelle du pays. «Après Ebola et les dégâts subis dans les violences politiques, les opérateurs économiques de ce pays sont presque tous en difficulté», a indiqué le président du GOHA au cours d'un point de presse animé mercredi. «La situation est bien difficile, mais on peut faire des sacrifices pour nos concitoyens», assure-t-il.


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La préoccupation actuelle du GOHA reste comment rassurer les fidèles musulmans guinéens qui craignent une nouvelle flambée vertigineuse des prix des produits comme le sucre, le lait, la viande, la pomme de terre, le riz...

Le Guinéen lambda est surtout angoissé pour le prix du riz. Cet aliment de base des Guinéens connaît une hausse vertigineuse depuis quelques mois. En mai, la marque importée "Bangladesh", prisée pour sa qualité proche de la production locale, se vend entre 265.000 et 270.000 francs guinéens (il faut environ 9957 francs guinéens pour 1 euro). Or, jusqu'en février, il était vendu à moins de 250.000 francs guinéens. «Qui sait, si ça n'atteindra pas 280.000 francs d'ici fin mai», s'inquiète Fatoumata Sylla, femme de ménage rencontrée au marché Niger, dans la commune de Kaloum.

Outre le riz, il y a aussi le sucre et le lait qui sont très consommés durant le ramadan. A 9.000 francs guinéens (0,904 euro) le kilogramme, le sucre reste trop cher pour beaucoup de Guinéens.

Le  GOHA dédouanerait les commerçants guinéens, s'il arrive à faire baisser les prix des denrées de première nécessité. Puisque face aux flambées des prix pendant le ramadan, les clients accusent souvent les commerçants de faire fi des prescriptions islamiques.

«C'est un mois de repentance et d'offrande, mais ça n'a jamais été le cas chez les commerçants guinéens. C'est donc une bonne chose qu'ils décident ainsi, pourvu que cela devienne une réalité», salue Ousmane Diallo, fonctionnaire.
Le 11/05/2017 Par notre correspondant à Conakry Mamourou Sonomou