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Afrique: voici les champions de la croissance en 2022 et en 2023, selon les prévisions du FMI

Mise à jour le 26/04/2022 à 15h33 Publié le 26/04/2022 à 15h23 Par Moussa Diop

#Economie
Economies africaines
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#Maroc : La crise Russie-Ukraine a poussé les pays et les institutions financières à revoir à la baisse leurs prévisions de croissance. Mais, surprise en Afrique subsaharienne, où le FMI a relevé ses prévisions de croissance à 3,8% au titre de l'année 2022.

Alors que la guerre en Ukraine assombrit les perspectives de l’économie mondiale et qu’on s’attendait à une révision à la baisse des perspectives de croissance économique en Afrique, c’est le contraire qui s’est produit. Dans son dernier rapport sur les Perspectives économiques mondiales, le Fonds monétaire international (FMI) a, à la surprise générale, relevé ses prévisions de croissance en Afrique subsaharienne.

L’institution financière estime désormais que la croissance de cette région devrait s’établir à 3,8%, en hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à ses prévisions de janvier dernier. Ceci, en dépit de la conjoncture globalement défavorable marquée par la crise sanitaire qui a affecté la région au début de l’année et, surtout, les effets de la crise Russie-Ukraine qui impacte durement les économies africaines (flambée des cours du pétrole et des produits agricoles et alimentaires, inflation...).

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Pourtant, les hausses générales des prix devraient nuire au pouvoir d’achat des consommateurs, en particulier les ménages à faible revenu, et impacter négativement la demande intérieure, et donc sur la croissance des pays du continent.

Néanmoins, la flambée des cours du baril de pétrole devrait tirer la croissance de certains grands producteurs de pétrole africains, dont le Nigeria, l'Angola, le Niger... A titre d’exemple, l’Angola, qui était en récession durant la période 2016-2020, a commencé à renouer avec la croissance en 2021. Le pays affichait alors une hausse de 0,7%, laquelle devrait s’établir à 3,0% en 2022, un niveau non atteint depuis 2012.

Le Niger, dont la production pétrolière devrait fortement augmenter cette année pour passer de 20.000 barils par jour à 100.000 barils par jour, devrait afficher la plus forte croissance au niveau du continent avec un PIB en hausse de 6,9% en 2022. Toutefois, ces prévisions sont à relativiser, sachant qu’il s’agit d’un effet de rattrapage après une croissance de seulement 1,3% en 2021.

Pays affichant les taux de croissance les plus élevés

Pays Taux de croissance en 2021 Taux de croissance en 2022 Taux de croissance en 2023
Bénin 6,60% 5,90% 6,10%
RDC 5,70% 6,40% 6,90%
Côte d'Ivoire 6,50% 6,00% 6,70%
Gambie 5,60% 5,60% 6,20%
Kenya 7,20% 5,70% 5,30%
Maurice 3,90% 6,10% 5,60%
Niger 1,30% 6,90% 7,20%
Rwanda 10,20% 6,40% 7,40%
Sénégal 6,10% 5,00% 9,20%
Soudan du Sud 5,30% 6,50% 5,60%
Togo 5,10% 5,60% 6,20%
Ouganda 5,10% 4,90% 6,50%
Egypte 3,30% 5,90% 5,00%

Source: données du FMI

Derrière le Niger, dont la croissance devrait passer à deux chiffres à partir de 2024 lorsque le pays tirera pleinement profit de son potentiel en hydrocarbures, viennent le Soudan du Sud (6,5%), le Rwanda (6,4%), la République démocratique du (6,4%), Maurice (6,1%) et la Côte d’Ivoire (6,0%).

Si les économies nigérienne et sud-soudanaise seront portées par la bonne tenue des cours des hydrocarbures, le Rwanda continuera lui à tirer profit de son agriculture et surtout des services sur lesquels repose son économie. La RDC et la Côte d’Ivoire devraient continuer à afficher de fortes croissances tirées par les mines pour la première et l’agriculture pour la seconde.

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Si la croissance de l’Afrique subsaharienne a été revue à la hausse par le Fonds monétaire international (FMI) dans un contexte de crise mondiale, c’est surtout grâce au Nigeria, dont le PIB devrait croître de 3,4% en 2022, contre une prévision de 2,7% en janvier dernier. Outre les investissements dans les infrastructures (chemin de fer, autoroutes, ports en eau profonde…), le premier producteur africain de pétrole va fortement bénéficier de la flambée des cours du baril de pétrole et de gaz. Un autre pays qui a pesé dans cette révision est l’Angola, qui est sortie de la récession en 2021 (0,7% de croissance) et qui devrait confirmer en 2022 avec un PIB en hausse de 3,0%.

Pour l’exercice 2023, c’est le Sénégal qui devrait afficher la plus forte croissance économique du continent avec un PIB en hausse de 9,2%, après 5% en 2022 et 6,1% en 2021. Outre l’impact du secteur agricole et des infrastructures, le pays devrait tirer profit des premières retombées de l’exploitation de ses hydrocarbures (pétrole et gaz). Il devancerait largement le Rwanda (7,4%), le Niger (7,2%), la RDC (6,9%), la Côte d’Ivoire (6,7%), l’Ouganda (6,5%), le Togo (6,2%), la Gambie (6,2%) ou encore le Bénin (6,1%).

Quid du reste de l'Afrique?

A noter que du côté de l’Afrique du Nord, c’est l’Egypte qui devrait afficher la meilleure performance avec des croissances de 5,9% en 2022 et 5,0% en 2023. Celle-ci sera tirée par les secteurs exportateurs, le gaz, le tourisme,…

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L’Algérie, elle, ne devrait pas pleinement tirer profit de la bonne évolution des cours des hydrocarbures. Après une croissance de 4% en 2021, le pays devrait voir l’évolution de son PIB ralentir à 2,4% en 2022 et 2,4% en 2023, selon les prévisions du FMI. En cause: son incapacité à diversifier son économie qui repose quasi exclusivement sur les hydrocarbures (95% des recettes d’exportation et autour de 55% des recettes budgétaires).

Quant au Maroc, impacté par une sécheresse aiguë en 2021-2022 et par l’impact de la hausse des cours des hydrocarbures dont il est un grand importateur, après une croissance estimée à 7,2% en 2021, la croissance devrait être faible à seulement 1,1% en 2022 avant de remonter à 4,6% en 2023.
Le 26/04/2022 Par Moussa Diop