«Nous pensons que c’est une très bonne décision. A l’examen de leur actions en faveur du développement du pays et de l’éducation des jeunes, on ne peut que constater que l’apport des partis politiques n’a pas été à la hauteur des aspirations des Burkinabè», soutient Naba Labidi, porte-parole de Faso Kooz, un mouvement né au lendemain de l’insurrection populaire.
Cet avis intervient après que l’Assemblée législative de transition a «donné quitus au gouvernement pour l’abrogation de la loi portant charte des partis et formations politiques, de la loi relative au financement des partis politiques et des campagnes électorales, ainsi que de la loi portant statut de l’opposition politique.»
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Bien que les autorités affirment que cette loi vise une réorganisation de la vie politique nationale, cette décision a été largement saluée par la société civile, de plus en plus convaincue que les pays en développement doivent établir leurs propres modèles de gouvernance.
Pour M. Labidi, cette incrimination découle également du système électoral multipartite qui a engendré chez certains partis politiques un manque d’idéologie affirmée.
La question du financement des partis politiques, environ 6 milliards de francs CFA ont été alloués aux partis depuis 2021, fait également débat. La loi prévoit le transfert du patrimoine des partis dissous à l’État. Une situation à laquelle nombreux semblent indifférents.
«Il faut dire que les partis politiques étaient un instrument très sophistiqué aux mains de l’impérialisme, qui jusqu’ici nous maintient sous le néocolonialisme. La majorité de ces partis politiques ont reçu des financements mais n’ont rendu public le bilan de l’argent utilisé. Ça veut dire ce que ça veut dire», explique Boukary Ouédraogo, coordonnateur de l’Association de l’Union des Burkimba au Faso, membre des Associations de veille citoyenne.
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Le 5 février 2026, les Nations unies ont exprimé leur inquiétude face à cette mesure. Cependant, pour les observateurs, la Révolution progressiste populaire prônée par le capitaine Ibrahim Traoré n’est rien d’autre que la continuité de la révolution démocratique et populaire impulsée par l’ancien président Thomas Sankara. Ils en veulent pour preuve la dynamique économique actuelle du pays, et notamment l’excédent budgétaire historique réalisé en 2025 estimé à près de 2.000 milliards de FCFA.
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a indiqué que le déficit budgétaire a été fortement réduit, passant de 568,3 milliards de FCFA en 2024 à 462 milliards de FCFA en 2025, reflétant ainsi les efforts du gouvernement pour maîtriser les dépenses publiques et assainir les finances de l’État.



